Dimanche 30 août 2009 7 30 /08 /2009 17:30


 

amour-pomme-nature.jpg

Il n’y a qu’un âge pour être heureux,

Seulement une époque dans la vie de chacun,

Où les rêves sont permis,

 

On construit des projets avec l’énergie

Nécessaire à les mettre en application

Et on se fiche des obstacles et difficultés

Un seul âge, pour nous enchanter de la vie

Et vivre dans la passion

Un seul pour jouir de toute l’intensité,

Sans peur, ni culpabilité d’en avoir du plaisir.

Phase dorée dans laquelle nous pouvons créer,

Et recréer la vie

A notre propre image, et représentation,

 

Et nous vêtir de toutes les fantaisies

Goûter toute la saveur

De l’éternel,

Se donner à son amour,

Sans préjugés ni pudeur.

Le temps de l’enthousiasme et du courage,

Dans lequel tout défit est une invitation à la lute,

Que nous affrontons avec toute notre ardeur,

D’essayer quelque chose, de Nouveau, Nouveau, et de Nouveau

Tant de fois qu’il sera nécessaire.

Cet âge, si fugace dans notre vie,

Se nomme PRESENT,

Il à la longévité, de l’instant qui passe,

 

Et de l’attention que nous lui donnons chaque jour

Afin que chaque jour qui passe,

Soit le début de notre présent

Ainsi l’instant dure éternellement.
Par Ashaninka - Publié dans : Poésie libre pensée
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Mercredi 26 août 2009 3 26 /08 /2009 15:31

Vieille légende cherokee



Un soir, un vieil indien Cherokee parla à son petit fils, du bien et du mal, de la guerre qui se produit à l'intérieur des individus :
  

- La bataille est entre deux "loups" qui vivent en chacun de nous.

L'un est mauvais, il est colère, envie, jalousie, tristesse, dégoût, obstination, arrogance, pitié de soi même, culpabilité, ressentiment, inferiorité, mensonges, faux orgueil, surpériorité et egocentrisme.
 
L'autre est bon, il est amour, joie, paix, espoir, sérénité, bonté, bénévolat, empathie, générosité, verité, compassion, humilité, partage, etc...

Le petit fils attentif, pensa en cette lutte, et s'endormit.
Le lendemain il demanda à son grand père :

 
-Quel loup est victorieux?

Le vieil indien répondit :

 
-Celui que tu nourris...
Par Ashaninka - Publié dans : Legendes
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Lundi 10 août 2009 1 10 /08 /2009 10:28



(...)Mais revenons aux exploits du Boto dans sa version  féminine cette fois et si bien personnalisée la perfide Iára, la nymphe aquatique partout à la fois dans cette veste mésopotamie :


Il était une fois un jeune pêcheur vraiment malchanceux à qui il arrivait trop souvent de passer des nuits entières sur le lac sans attraper le moindre petit poisson, il s’allumait bien des torches de temps à autres et parcourait le lac mais les poissons d’ordinaire si curieux et attirés par la lumière qui auraient dû sauter de l’eau pour tomber dans son embarcation ne se manifestaient pas. Lassé et surtout tiraillé par la faim il s’endormait triste au petit matin, dans son humble case qu’il avait construite, sur la grève, d’arbres et de bambous avec des feuilles de palme et de bananier en guise de toit. Jamais depuis qu’il pêchait en ce lieu il ne s’était plaint de son mauvais sort et il persévérait dans ses tentatives avec le secret espoir de connaître enfin des jours meilleurs.


Pourtant, une nuit de pleine lune après avoir, une fois de plus, lancé en vain ses lignes et retiré sans succès ses filets, il pleura de désespoir. Fou de rage il s’apprêtait à empoisonner les eaux avec du « Timbò » quand il entendit un chant si beau, si triste et si doux à la fois qu’il en oublia son malheur. Il tendit l’oreille et il lui sembla que ce chant veniat d’une large touffe de nymphéacées juste au milieu du lac. Il n’hésite pas une seconde à pagayer dans la bonne direction et là assise sur une feuille de Victoria Régia, il découvrit à son grand étonnement une créature d’une étrange beauté ; elle avait de grands yeux d’un vert profond et lumineux, une peau de couleur miel doré, et de longs cheveux d’un blond fauve qui dissimulaient une poitrine nue.


« - qui est tu ma douce amie ? Pourquoi chantes-tu si tristement ? Puis-je t’aider ? » Demanda le pêcheur.

Iára le regarda un instant stupéfaite car elle ne pensait délibérément qu’à punir d’une mort atroce celui qui comme tant d’autres pêcheurs de la région, s’apprêtait à user d’un stratagème détestable contre son peuple.

« - je suis la « Mãe de Agua », la reine des eaux, la protectrice de toute la faune aquatique » répondit-elle.


A l’idée qu’elle avait deviné sa lâche intention, l’indien prit peur et la supplia alors de le laisser suivre son chemin promettant de ne plus importuner ses sujet et se tut de crainte de la terrible et traditionnelle sanction. Mais ce soir là Iára eut pitié de cet interlocuteur qui le premier lui avait généreusement proposé son aide. De sa voix de cristal elle reprit :


« - je sais que tu n’as rien pêché depuis plusieurs nuits, ai-je deviné juste ?

Il hocha la tête en guise d’affirmation.

« - veux tu du poisson ? » continua-t-elle.

Il releva la tête pour la hocher encore une fois.

« - alors jette tes lignes et tes filets à l’endroit où je vais plonger. Ne pêche que les nuits de pleine lune entre minuit et le petit matin » dit-elle avant de disparaître.


Le pêcheur obéit. C’était presque l’aube lorsqu’il rentra chez lui la pirogue chargée comme jamais. Les mois passèrent et le jeune indien aurait dû être heureux, mais il ne pensait qu’à la beauté et à l’incomparable voix douce de la mère d’eau. Aussi lorsqu’une nuit il entendit de nouveau le chant de Iára  encore plus triste que la première fois, il s’approcha rapidement du Maïs d’Eau où elle était assise. Elle lui sembla encore plus belle. Quant elle eut terminé sa chanson, il lui dit :


« - ma vie à changer depuis que je t’ai rencontrée. Dis moi ce que je peux faire pour te remercier. 

- veux tu m’épouser ? » Lui demanda-t-elle après l’avoir longuement détaillé. Il répondit d’un trait pour dissimuler son émotion :

« - il n’y a rien au monde que j’aimerais le plus !

- nous voilà donc fiancés ! » Lui déclara-t-elle en lui passant les bras autour du cou. « - viens me chercher la prochaine nuit de pleine lune mais promets dès à présent que tu ne me renieras point ni ne diras du mal de mon peuple ;

- je te le jure ! » Fit le pêcheur.


Il aurait même juré que la lune était carrée tant sa joie était grande, avant que Iára disparaisse au sein de l’onde. La nuit qu’elle avait choisie, il alla à sa rencontre, la prit dans ses bras et la porta jusque dans sa case. Ils vécurent heureux et ses affaires prospéraient de plus belle. Les nuits de pleine lune, Iára s’installait sur le pas de porte et les yeux fixés sur les eaux du lac, elle chantait très bas tant sa chanson était belle et triste à la fois, à fendre le cœur. Au début l’indien y trouva du charme ; cela lui rappelait leur rencontre au milieu du lac. Mais à présent cette habitude de son épouse lui pesait.


« - veux tu cesser tes lamentations ? Il est tard et je tiens à dormir moi ! Allons rentre te coucher. » Mais « Iára » ne répondait pas, ne bougeait pas, ne s’arrêtait pas de chanter non plus. Alors dans sa folle colère il lui cria :

« - j’en ai assez de tes sottes chansons ! Qu’as-tu donc à larmoyer face au lac, insensée créature ! Es-tu mon épouse ou continues- tu toujours à penser à cette stupide gente aquatique pour qui semble aller ton idiote prière ? »

A peine eut-il prononcé ces phrases que la Mère d’Eau devint plus blanche qu’un linge. Elle se leva et se mit à marcher prestement vers le lac comme une somnambule et sa chanson devenait de plus en plus lointaine. C’est à ce moment que l’indien en fut comme dégrisé et s’élança à sa poursuite en criant :

« - ne t’en vas pas ! Ne me quittes pas, je t’en supplie ! Tu es ma femme ! Je ne blasphémerai plus, je le jure ! »


 Iára ne se retourna pas. Elle entra dans les eaux miraculeusement entrouvertes qui se refermèrent si brusquement après son passage qu’elles inondèrent fortement la berge. Le blasphémateur eut juste le temps de grimper au sommet d’un arbre pour malheureusement constater que rien n’avait été épargné : ni sa demeure, ni ses plantations détruites, pas même son élevage de tortues dans un bassin proche. Jamais plus, au cours de ses nuits de pêche à nouveau infructueuses il ne revit la « Mãe de Agua » que pourtant il ne cessait de supplier de revenir en vain.

Les caboclos embellissent par nature les faits les plus simples avec une pointe d’exagération fabuleuse c’est pourquoi il est courant de les entendre dire que de temps à autres, Iára laisse flotter sa chevelure lumineuses à la surface des eaux ou qu’en période d’étiage on peut voir émerger, comme une pointe d’écueil, le haut d’une tour de son palais aquatique.


Tout comme le Boto séducteur, la Iára est un produit importé par un peuple de la mer pour qui il a suffi qu’un moindre détail coïncide ou que l’aspect d’un mythe soit ressemblant pour adapter le sin au décor de sa nouvelle possession. C’est ainsi que le mythe primitif de l’Igpupiara, un fantôme marin au corps d’ophidien excessivement velu et pourvu de longues soies en guise de moustache qui renversaient les frêles embarcations des indiens, est devenu la Iára qui bien que de nom amérindien n’en est pas moins la perfide sirène méditerranéenne. Mais la dernière infiltration en date provient du folklore africain avec Iemanjà, cette « Mãe de Agua » arrivée au Brésil en même temps que les premières esclaves noirs et dont voici un récit que recueillis auprès d’un vieux pêcheur noir de l’île de Marajò :


La déesse de la mer est surprise un soir en train de voler des fèves dans le jardin d’un paysan qui vite l’enferme dans sa masure à l’orée d’une calanque. Pour recouvrer sa liberté, l’infortunée beauté n’hésite pas à proposer le mariage à son sévère geôlier s’il promet de ne jamais renier les êtres qui vivent au sein de l’océan, le peuple dont elle a la garde. Au début, le couple vit un bonheur parfait : de superbes enfants voient le jour, la propriété ne cesse de croître judicieusement exploitée par de nombreux esclaves et le bétail excellemment traité prolifère. Puis, tandis que les affaires prospèrent le mari sombre dans l’alcoolisme : l’épouse délaissée souffre en silence, l’éducation des enfants s’en ressent, les esclaves maltraités fuient l’exploitation, les cultures périssent et le bétail agonise. C’est alors que l’irréparable se produit : l’homme renie sa femme.


Sans mot dire, Iemanjà suivie de ses enfants se dirige vers la plage et s’enfonce doucement dans les flots entrouverts qui en se refermant brusquement sur l’étrange cortège détruisent la propriété et manquant de peu d’emporter l’ignoble blasphémateur. Iemanjà est la fille d’Obatalà, le ciel, et d’Odudua, la planète, elle s’unit à son frère, la terre, pour donner naissance à Orugan, l’Oedipe africain qui se passionne pour sa mère. Profitant de l’absence du père, Orugan poursuit Iemanjà qui dans sa fuite éperdue, trébuche, tombe à la renverse au fond d’un ravin et meurt. De ses seins abondants, coulent deux ruisseaux qui grossissant, se rejoignent pour former un immense lac tandis que de ses entrailles naît un grand nombre de dieux du culte Umbanda : Olorum, le soleil ; Oxumaré, la lune ; Xangô, le tonnerre ; Ogum, le dieu du feu et de la guerre ; Iansà, déesse des vents et des tempêtes mère des neuf. Iemanjà ressuscitée est la reine de la mer qui assise sur la carapace d’une énorme tortue présente son peuple à Oxum-Marê, l’arc-en-ciel ou qui sous le nom de Janaìna, chevauche un hippocampe géant pour visiter ses sujets.


A la suite d’un relevé détaillé des infiltrations qui aujourd’hui accompagnent le mythe de Iára – corps harmonieux d’Océanide : type européen de beauté ; voix douce de sirène : mode de séduction méditerranéen ; résidence au fond des eaux : tradition nordique des Ondines ; sadique plaisir de faire périr les pêcheurs : tradition germanique chez cette émule de la fée Loreleï ; mère d’une respectable progéniture : variante africaine – pour toutes ces raisons incohérentes on peut avancer sans risque de se tromper que cette gracieuse nymphe est aussi amérindienne que le serait la rencontre d’une baleine vivante sur les sommets enneigés des Andes.


Cependant elle reste malgré tout, la mère de la toujours vive sensibilité indigène et le plus beau fleuron de la poésie amazonienne.(...)

Par Ashaninka - Publié dans : Legendes
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Samedi 8 août 2009 6 08 /08 /2009 11:43

Amaru Mayra (extrait de mon manuscrit)



(...)C’est à la suite d’une extraordinaire, aventure survenue au confluent de la rivière Nhamundá, la rencontre des fiers hidalgos avec la mythique tribu guerrière des Amazones tropicales que naquit la curieuse légende qui allait donner au fleuve d’Orellana le nom prestigieux qu’il a gardé depuis. Gaspar de Carvajal, moine de l’ordre des mendiants des Frères prêcheurs de l’ordre de Saint Domingue de Guzmán et chroniqueur du voyage historique de Francisco Orellana des Andes à l’Atlantique, relate à propos de cet étrange événement que l’attaque fut surprenante et brutale.


Il s’empresse de préciser que ces femmes fort belliqueuses très grandes, au corps gracieux au teint clair et aux longs cheveux nattés en petites tresses, toutes nues songeaient à peine à cacher leurs « parties honteuses » mais que munies de leurs seuls arcs et de leurs flèches, elle guerroyaient autant que dix Indiens à la fois. Tant qu’il ne s’agit que de décrire l’intense agressivité dont firent preuve les farouches « Dames du fleuve », agressivité que le prêtre souligne plutôt deux fois qu’une, puisque avec leurs arcs et leurs flèches, elles parvirent à tuer sept ou huit Espagnols, il n’y a rien à redire et ses déclarations paraissent fort plausibles. Mais lorsque pour mieux tenter de faire croire que l’exceptionnelle rencontre avec les fidèles émules tropicales des Amazones d’Asie Mineure sur les berges du Marañon fut un événement totalement imprévu, le Dominicain prétend soudain avoir décelé un étonnement extrême ou mieux encore un effet de colossale surprise chez les expéditionnaires Espagnols à la vue des sauvageonnes en furie, ses affirmations gratuites sonnent faux alors. Et ne peuvent être accueillies de confiance car selon son propre récit, la renommée les en avait déjà informés.


Ne dit on pas auparavant que dès le retour de leur long et périlleux périple aquatique, à l’occasion de furtives escales le long des rives abondamment peuplées de l’impressionnant Paranàtinga des sylvicoles, les Espagnols avaient appris par bribes des sauvages, parfois même de Tuxana (33bis) amis et notamment d’un cacique Apariá les nouvelles les plus inquiétantes et merveilleuses à la fois au sujet des « Cunhapuiaras » les femmes robustes, ou encore les « Icamabias » les femmes sans mari. Comme on avait coutume de les surnommer.


Au sujet du tempérament excessivement agressif que Carvajal prête aux farouches Amazones tropicales, il apparaît à travers les récits des chroniqueurs portugais du XVIIème siècle que cette attitude particulière au combat n’est pas une caractéristique unique propre à ces seules guerrières de la jungle puisqu’il est dit que les Indiennes des rives du Rio Tapajos à sa confluence avec l’Amazone combattaient toujours aux avant postes. Elles luttaient avec tant de bravoure que leurs compagnons n’osaient fuir même devant un ennemi plus nombreux.


C’est qu’elles n’hésitaient pas à abattre à coups de massue celui des leurs qui, pris de panique, tournait le dos à l’adversaire. Pour sa part le capitaine de frégate Solano, envoyé du roi d’Espagne pour diriger à la suite du traité de Madrid la première commission de frontière hispano-lusitanienne entre ce qui deviendra Brésil et Venezuela, mentionne en 1756 que les Indiens Zanomani, les femmes et surtout les jeunes mariées accompagnent leur époux à la guerre et s’y montrent des plus courageuses. Et il ajoute : c’est qu’elles ont appris dès leur tendre enfance et comme les garçons le maniement de l’arc et l’écu.(...)

Par Ashaninka - Publié dans : Histoire
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Samedi 8 août 2009 6 08 /08 /2009 11:36

Amaru Mayra (extrait de mon manuscrit)


(...)On peut se demander alors si, grâce aux confidences d’Indiens amis, les Espagnols n’ont pas eu vent du bellicisme à outrance qui, à cette époque déjà animait les femmes Tapajos ce qui contribuerait à expliquer l’idée du mythe des Amazones tropicales à l’humeur belliqueuse cher à Orellana et à Carvajal.

Ce dernier rapporte dans son récit que ce n’est que lorsque un indigène prisonnier, qui était arrivé avec les expéditionnaires jusqu’à Cubagua, eut fourni de nombreux renseignements sur un royaume peuplé exclusivement de femmes qu’Orellana décida de les appeler Amazones.


Si l’on veut bien croire à présent, les auteurs des quelques rares récits qui relatent la vie secrète de ces terribles créatures, tous de sources suspectes hélas ! Les Amazones établies depuis des temps immémoriaux sur les berges du lac « Jacy-Warúa » (34), le Miroir de la Lune, bannissaient formellement toute communauté. Elles avaient opté pour une société matriarcale (34a), conscientes qu’elles étaient toutefois des graves difficultés qu’engendre l’organisation politique, économique et plus que tout sociale, un tel strict régime. Ces dames étaient de ce fait assujetties à de sévères règles dont une particulièrement rigoureuse, qu’aucune femme nubile, saine de corps et d’esprit ne pouvait enfreindre : celle de procréer.

Chacune d’elles d’ailleurs s’en acquittait sans contrainte aucune car cet acte rituel n’avait pour but unique, bien sûr, que celui de préserver l’espèce d’une extinction pure et simple. Sous la forme d’une grandiose cérémonie, ce culte profane débutait une nuit de pleine lune par un traditionnel et gracieux ballet aquatique dans le lac.


Les réputées ondines y plongeaient jusqu’au fond pour y recueillir un limon verdâtre (34b) avec lequel elles façonnaient de fameuses amulettes qu’elles usaient porter en breloque : des poissons, des tortues, des grenouilles, leur plus précieux symboles de la fertilité. La baignade à peine achevée, ces douces créatures se métamorphosaient aussitôt en terribles guerrières qui, d’un commun accord attaquaient les tribus voisines. Guerroyant alors avec vaillance et volupté, mêlant le plaisir à la violence, elles s’efforçaient de faire le plus grand nombre de prisonniers chez leurs plus robustes ennemis.

Ces derniers conduits sous bonne escorte jusqu’aux limites de leur territoire, devenaient des amants occasionnels, condamnés par leurs étranges dulcinées à jouer le rôle de gracieux géniteurs avant d’être libérés sains et saufs, mais chassés irrémédiablement et sans aucun égard. Les garçons nés de ces relations amoureuses brèves et intermittentes étaient renvoyés aux pères ou impitoyablement sacrifiés. Des récits beaucoup plus fabuleux prétendent malicieusement que les vaincus ne regrettaient jamais la défaite face à ces sauvagesses, et encore moins leur condition de prisonnier élus, car aucune autre femme de la forêt ne surpassait les Amazones dans l’art d’aimer. Faites pour la guerre, elles l’étaient également pour l’amour : de là leur plénitude.


Mais voilà qu’ici l’histoire et la légende se confondent indubitablement, on ne relève d’ailleurs pas de trace des Amazones dans le folklore brésilien ; aborigènes, métis, mulâtres et quarterons ignorent tout de leur vie mouvementée.

 

Charles Marie de La Condamine, qui en 1743 et 1744 entreprit la première descente scientifique de l’Amazone et à qui l’on demandait si une pareille république de femmes pût s’établir et subsister dans cette partie du monde, s’est contenté de faire remarquer ; que si jamais il y a pu avoir des Amazones dans le monde, c’est en Amérique où la vie errante des femmes qui suivent souvent leurs maris à la guerre, et qui n’en sont pas plus heureuses dans leur domestique a dû leur faire naître l’idée et leur fournir des occasions fréquentes de se dérober au joug de leurs tyrans. En cherchant à se faire un établissement où elles pussent vivre dans l’indépendance et du moins n’être pas réduites à la condition d’esclaves et de bêtes de somme. Il ajoute que ce qui lui paraît vraisemblable, c’est qu’elles aient perdu le temps de leurs anciens usages, soit qu’elles avaient été subjuguées par une autre nation, soit qu’ennuyées de leur solitude les filles aient à la fois oublié l’aversion de leurs mères pour les hommes. Mais tandis qu’il s’enquiert de touts les informations possibles auprès des Indiens et des missionnaires afin de trouver les Amazones dont il parle longuement et semble ne pas douter de leur existence, Alexandre de Humboldt, historien et géographe de l’Amérique Espagnole, exprimera un peu plus tard son grand étonnement devant la persistance et la vigueur de superstitions de croyances populaires ou de mythes qui ont leur source dans le passé le plus reculé. Humboldt donne pour origine à la légende des Amazones tropicales la guerre sans merci que les Espagnols ont faite aux Indiens « Caribe » du continent : « c’est dans ces luttes sanglantes que les femmes Caribes après la mort de leurs maris se défendirent avec un tel désespoir qu’on les prit…pour des peuplades d’Amazones »

 

Il va sans dire que dans ces conditions, la rencontre d’Orellana avec les ténébreuses Dames du Fleuve souffre aujourd’hui de sérieuses contestations.

Les uns croient déceler dans le récit de cet obscur épisode, une forme galante que l’habile chroniqueur aurait trouvée pour masquer en partie la déroute de l’aventurier Espagnol au confluent du Nhamundá (34 bis) lors d’une sérieuse escarmouche avec les indigènes. Ce jour là, Orellana n’aurait vu, en tout et pour tout qu’une dizaine ou tout au plus une douzaine de femmes luttant avec âpreté au côté des Indiens. D’autres, qui n’ignorent pas que plus d’une fois l’esprit délirant de maints chroniqueurs de l’époque s’est représenté des choses extravagantes sans grand rapport avec la réalité (35), supposent que le Dominicain a tout bonnement pris pour des femmes des hommes vêtus d’une courte jupe de paille et portant perruque de même texture.

Il se pourrait encore avancent cette fois des linguistes spécialistes en langues amérindiennes, que le nom du fleuve soit tout simplement le résultat d’une lamentable équivoque des expéditionnaires sur le véritable sens du mot indigène « amaçunu » qu’ils auraient traduit à la hâte par « amazona » tandis qu’il signifiait « le fracas du nuage d’eau » et désignait particulièrement le rugissement du phénoménal mascaret (36) dans son embouchure. Et cette grossière confusion dans l’esprit d’hommes désemparés, vivant une aventure extraordinaire dans un environnement qui leur était hostile, aurait suffit pour que leur imagination exaltée se représente aussitôt l’image confuse d’une tribu d’Indiennes belliqueuses.

En empruntant sans vergogne et dans le cas précis à la mythologie grecque, le récit bien connu d’une peuplade fabuleuse de femmes guerrières d’Asie Mineure, filles d’Arès et de la nymphe Harmonie au royaume placé d’abord dans le Caucase puis dans fin fonds de la Scythie et qui drive avec les siècles sur les rives du Thermodon en Cappadoce, en Chaldée, en Afrique, et enfin en l’une de ces mystérieuses Iles Océanes dont Marco Polo a ouï dire.


Il n’était donc pas surprenant que l’on découvrît à présent cette île dans les parages du Nouveau Monde et ce n’était d’ailleurs pas la première fois qu’un voyageur de la Mer Océane épris de culture classique en parlait(...)

Par Ashaninka - Publié dans : Histoire
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