Mardi 28 juillet 2009 2 28 /07 /2009 15:18



L'amour est un état dont l'être humain à besoin pour y trouver une certaine plénitude

L'amour est une sorte de « mort » de l'ego, pour se donner au feu incontrôlable de la passion.

Et qu'est la « mort de l'ego » sinon qu'un renversement de vibration, de lâcher prise, pour une force supérieure à notre contrôle.

D'un autre coté il semble que l'amour soit le produit de consommation,ainsi que tout ce qui l'entoure,  le plus prisé depuis la nuit des temps, qui se vend toujours aussi bien à l'heure actuelle et ne connaît pas la crise économique.

Comme dans les mythes et légendes, comptes, romans, et histoires vécues, la folie ou la plénitude de l'amour mènent aux frontières du possible et de la vie, nous obligeant à découvrir nos limites.


Alors tout serait comme si l'amour, ou plutôt ce magma de sentiments qui nous échappent, qui provoquent des émotions violentes, nous emmenait, malgré nous, à nous extérioriser et à transcender notre ego pour atteindre des niveaux plus subtils d'expériences.

Certains psychiatres définissent ce sentiment comme une aliénation mentale transitoire et même si cela nous fait sourire... Reconnaissons qu'il y a une certaine vérité dans cette définition.

L'amour rend les amants « bizarres » c'est bien connu !

Ces sentiments amoureux qu'expérimentent deux êtres les rendent singuliers, déphasés, irrationnels. Il les isole et sépare du reste du monde et des gens qui les entourent, les submerge en un tel état d'exaltation, de frénésie, et d'envoûtement qu'ils paraissent se soustraire à la réalité et vivre pendant un certain temps dans un autre monde.


Les émotions qui surgissent alors, produisent un paroxysme de sensations qui élimine quelconque capacité de rationalisation, réduisant la volonté à sa plus simple expression, bien qu'elle puisse devenir fanatique, si l'esprit devient la victime d'une idée fixe, qui rend sourd, aveugle et indifférent à tout autre centre d'intérêt.


En d'autres cas, l'amour est un état d'ivresse incomparable, qui toutefois s'épuise et disparaît lorsque son intensité s'amenuise, plongeant l'individu dans la plus grande désillusion, le plus grand désenchantement et vide intérieur.

Quand les vagues émotionnelles soulevées par les flammes de l'amour, tombent en une mer calme, s'installent, le désespoir, l'étrange et angoissante sensation de la perte.


La psychologie moderne tend à comparer l'amour avec une sorte d'infraction du moi. En effet il s'agit d'une exagération, une augmentation voire un débordement. L'amoureux a la sensation de sortir de soi, sous l'influence du sentiment il ne se sent pas le même, envahit par le désir de l'autre, le besoin de se projeter dans l'autre ou d'intégrer en lui l'objet de son amour, abandonnant la perception de ses limites.


Mais une fois cet enthousiasme ; qui s'alimente presque toujours d'illusions, fantaisies, et projections mentales inconscientes, ; éteint, le vide laissé à l'intérieur peut s'avérer insupportable et les limites, reviennent cruelles et suffocantes.


On sait que le sentiment amoureux n'admet aucune norme, et provoque nombreux accidents et drames humains qui parfois s'avèrent dévastateurs et mortels, que toutefois il alimente les rêves les cœurs, les imaginations, et qu'il est une constante passerelle vers toute forme d'art, il n'en demeure pas moins un tabou de par son état de « phénomène asocial »

Cependant pour d'autres raisons inhérentes, tout d'abord, à la préservation des communautés humaines, ensuite à l'intérêt plus individuel que commun, la magie de l'amour transcendant les sensations, les émotions, les fonctions reproductrices, s'est peu à peu soumis aux règles sociales.

Mais pour le plus intense et parfait qu'il puisse paraître, cet état ne peut être éternel, puisqu'il est le fruit d'un vouloir inconscient de fusion avec soi même et ne peut se réaliser hors du moi profond avec l'autre malgré notre amour pour lui ou notre conviction à l'aimer, comme il est coutume de dire « plus que nous-mêmes ».



L'amour n'a alors d'autre raison que celle de s'élever comme une étincelle qui se manifeste en un état spontané, en l'instant où deux personnes sont ensembles et les conduit à s'unir « pour le meilleur et pour le pire »


Mais peut on éteindre un feu dont la flamme naît, renaît et s'autoalimente ? peut on dominer un état  d'excitation dont l'essence est méconnue et nous échappe, qui est plus forte que soit même qui ensorcelle et fascine le plus sensé d'entre nous?

Au plus loin que nous remontions, on observe chez nos ancêtres, une double volonté de domestiquer et de sacraliser l'amour.

Ainsi est né le couple social qui continue d'être notre modèle, et d'un autre côté subsiste l'amour mystique, marginal et exceptionnel, séparés mais totalement intégrés socialement et religieusement.


Mais le vrai Amour, celui qui s'écrit avec une majuscule, n'a besoin d'aucun produit extérieur, d'aucune race, ni de croyance ou religion.

C'est un sentiment qui ne requiert même pas un compagnon concret, car c'est une vibration avec une lumière qui nous est propre.

De la même façon qu'il nous conduit vers un compagnon de vie, qu'à l'entier dévouement à un idéal, à une sensation, un état, qui débouche sur l'unité avec l'univers.

Peu importe la différenciation de l'amour entre amis, du couple, des amants, de l'humanitaire ou d'un dieu, car ce qui est sûr, est que tout cela est Amour en ses multiples facettes !

D'un point de vue humain, si l'on admet que chacun de nous est une personne en continuelle formation, que la vie est un éternel apprentissage qui nous oblige à nous transformer nous devons voir dans l'amour une expérience à l'éveil de la conscience.

Par Ashaninka - Publié dans : Philosophie, Sociologie
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Mardi 28 juillet 2009 2 28 /07 /2009 15:05



Il y a "le porte à porte",

Rester plantée comme une "c.... " devant sa porte,

Des portes qui supportent,


Celles à qui l'on s'accote ...


Devant lesquelles on papote,


Qu'importe la porte,


Du moment qu'elle vous porte.


Mais aussi des portes qui colportent, (chut),


Des histoires que l'on rapporte...

Derrière ces portes que l'on escamote,


À ces passages que l'on ôte,

D'autres qui nous transportent,

Et nous emportent,


Ainsi, de portes en portes................
............................................

Par Ashaninka - Publié dans : Poésie libre pensée
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Mardi 28 juillet 2009 2 28 /07 /2009 14:40


Quand après une rafle tu viens

Pour la première fois au grand château,

Le Rimmel dégoulinant le long de tes joues,

Ton collant troué au genou,

Tes cheveux ébouriffés ;

 

Le ventre creusé par la faim,

Après l'attente dans les tribunaux.

Tu sembles désemparée loin de ta revue,

Ton talon cassé te déséquilibre et tu ne sais comment

Te redresser pour regarder dignement.

 

Au greffe les questions fusent :

"-Nom !

-prénom !

-nom du père

-nom de la mère !»

Sur ton visage, des larmes roulent !

 

Ta mère où est elle donc ? Comme tu aimerais entendre sa voix

Tu sens dans ta gorge une grosse boule,

Qu'es tu devenue jeune fille, a quel moment t'es tu perdue ?

"-suivez moi !" dit la surveillante,

"-déshabillez vous !", ajoute-t-elle exigeante !

 

Toi qui te dénudes sans vergogne sur la voie,

Soudain tu retrouves ta vertu

Accaparée par tes complexes féminins 

Tu mets maladroitement tes mains

Devant, pour cacher tes seins.

 

Et là au cours de cette fouille intégrale,

Toi la P., elle la Surveillante,

Toi la reine de la rue,

Elle la représentante de l'état,

Êtes vous si différentes ?

Qu'il y a t il d'inégal ?

Si ce n'est l'apparat ?

 

Quels que soient vos métiers,

Vous êtes femmes tout simplement.

 

La surveillante essaye tant bien que mal,

Avec une certaine pudeur,

De faire passer ce moment.

 

Ressentant elle même cette pesante intimité,

Lisant dans tes yeux la honte et la peur.

Plus que tu ne le crois,

Sensible à ton désarroi,

Elle te dit avec sincérité,

Qu'elle n'est pas là pour te juger,

Encore moins pour te jauger.

 

Esquissant un geste envers toi,

Avec une certaine douceur,

Elle te tend un mouchoir de papier.


Par Ashaninka - Publié dans : Poésie libre pensée
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Lundi 27 juillet 2009 1 27 /07 /2009 21:42

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« Tu as parcouru le long et douloureux chemin de ta destination finale, tes peines se terminent, à présent tu peux dormir ton songe mortel »

 


Toutes les ethnies, aux croyances panthéistes, depuis la Mongolie, le Tibet, l'Egypte jusqu'à la traversée des océans pour arriver aux civilisations du continent Américain, ont un dénominateur commun dans leur cosmogonie : Le culte de la Mort, le monde de l'outre tombe, le regret de l'au-delà. Certains l'appréhendaient dans la peur, d'autres depuis l'évolution et le Karma et certains le fêtaient. La signification aurait-elle pu être un retour du : « d'où vient- on » ? Cependant comment les Mongols, les Celtes et les Aztèques avaient-ils les mêmes rituels dans la préparation de leurs morts et du chemin à parcourir. Il y aurait-il eu une ethnie qui aurait répandu sa foi au reste des autres races ? Alors ; qui fut le premier ? Il n'y avait pas de moyens de communication ? Eventuellement, les voyages maritimes, les embarcations de l'époque ne permettaient pas de grands voyages et pourtant on retrouve les mêmes célébrations  aux mêmes époques en chantant les mêmes éloges, la même ostentation, avec un océan entre eux. L'idée panthéiste que le ciel était une voûte fixé par des mains invisibles et courant le risque de la voir tomber sur la terre écrasant l'humanité est commune aux civilisations mésoaméricaines mais aussi à d'autres situées dans des continents éloignés.

Par curiosité, cela fait des années que je cherche le chaînon mystérieux, perdu ou invisible, qui relie les peuples entre eux. Le neurophysicien mexicain jacobo Gringerg Zylberbaum, ami intime et collaborateur de Karl Pribram, disait que ses études avaient démontré que tous les cerveaux étaient connectés entre eux de manière télépathique et formaient une gigantesque Matrice unique, originelle et créatrice, illuminée par une Pensée Collective. Ainsi exprimée on pourrait penser qu'il s'agit d'une théorie simpliste, mais finalement, s'il est bien certain qu'il existe des versions plus élaborées et certifiées par le biais d'une terminologie scientifique plus complexe, la réalité que nous projètent les découvertes quantiques, la théorie d'un monde unifié est que : Le TOUT est UN.


Enfin la science aura rejoint d'une certaine manière la pensée Hermétique dans le « Kybalion » : Hermès Trismégiste (qui signifie "Hermès trois fois très grand », en Grec) est le nom gréco-romain d'un personnage légendaire, qui aurait été un prêtre égyptien du dieuThot (Encyclopédie en Ligne) La doctrine hermétique n'implique pas une dualité réelle, « le Tout est Un ». Le premier des Sept Principes Hermétiques est le Principe du Mentalisme dont l'axiome est : « Le Tout est Esprit » ;  « L'univers est Mental », ce qui signifie que la Réalité de l'univers est Esprit et que l'Univers lui-même, est Mental, c'est-à-dire qu'il « existe dans l'Esprit du Tout ». « L'univers et tout ce qu'il contient est une création mentale du Tout. Réellement, sans le moindre doute, tout est Esprit ». « Le Tout crée dans son Esprit infini des Univers sans nombre qui existent pendant des milliers de siècles ; et cependant, pour le Tout, la création, l'évolution, le déclin et la mort d'un million d'Univers ne paraît pas plus long qu'un clignement de paupières » « l'Esprit Infini du Tout est le sein de l'Univers » KYBALION 9


MYTHES DE LA CREATION

 

Pour les Nahuas, l'univers était un grand disque solaire entouré d'eau qui s'étendaient des quatre coins du monde indiquant les directions. A chaque coin il y avait un arbre et un Dieu qui soutenait le ciel comme des colonnes mystiques, et chaque direction était assimilée à divers symboles en plus d'un signe du calendrier et d'une couleur. Au centre, nommé aussi « nombril du monde », se dresse un arbre qui traverse le plan terrestre, depuis le ciel jusqu'à l'inframonde. Pour l'occident les orientations se basent sur les points cardinaux, pour les Nahuas ces directions commencent l'orientation par le point d'où sort le soleil, qui à son tour est le  commencement du jour, où les autres directions ont été distribuées. L'univers Nahua se divise en trois niveaux cosmiques : le Ciel, aussi appelé le monde supérieur, la terre ou le monde du milieu, et l'inframonde. La mort a été un des thèmes les plus prolifiques, et superbement exposé par les Nahuas, tant dans l'art, que dans l'architecture, cependant plus que quiconque dans leur poésie où l'on voit une mort toute en couleurs et tintements mélancoliques de réponses incertaines d'un voyage sûr, vers un lieu inconnu.

Les trois principaux mythes communs à tous les peuples : est la cosmogonie ou la création du monde ; l'anthropogénie ou création de l'homme, et une projection dans l'au-delà. Dans ces trois principes les Nahuas ont intégré une forme insistante de dualité, vie-mort. Les enseignements culturels Aztèques parlent de cette dualité : « nous ne pouvons avoir pleine conscience de la vie, s'il n'existe pas la pleine conscience de la mort ». De cette manière la naissance du cinquième soleil (ère actuelle) fut produite par la mort de Tecuciztéccatl et Nanahuatzin (Dieu Soleil et Déesse Lune) qui se sont jetés dans le feu cosmique et brûlèrent en Teotihuacan pour sauver les humains. Chez les Toltéques, la légende dit que Quetzalcóatl, considéré comme un dieu, s'est immolé aux rives de l'eau céleste et son cœur s'est transformé en un papillon qui s'est envolé ver le ciel pour se convertir en « lueur de l'aube ». On retrouve, cette dualité, nécessité de souffrir mourir et renaître.En la Bible dans « Nombres », chapitre 21 verset 4, le peuple hébreux se plaint une nouvelle fois des difficultés et des souffrances imposées par Moïse (et par YEHOVAH) avant d'atteindre la terre promise, alors « YEHOVAH envoya contre le peuple les serpents brûlants qui mordirent le peuple, et il en mourut beaucoup du peuple d'Israël ». Le peuple se repent, et Moïse intercède auprès de Lui qui répond : « Fais toi un serpent brûlant et mets le sur une hampe ; quiconque aura été mordu et le regardera, restera en vie » Moïse fit une effigie en bronze de ce serpent, et les victimes qui regardaient le serpent de bronze restaient en vie ; Bien entendu on parle plus là, de salut et de résurrection ; l'homme doit s'élever. De même que la vue de l'auto-immolation de Quetzalcóatl qui a pris feu pour illuminer le monde, a permit aux humains de rester en vie, de s'élever par l'exemple de leur dieu. Le serpent représente la connaissance, le feu, la purification. Par l'image de « serpent brûlant » ou « serpent enflamé » on nous apprend que l'illumination par le savoir n'est jamais anodine et peut être dangereuse. L'homme devient humble, comprend l'enseignement et renaît transfiguré.Il doit parcourir et accepter, le chemin cahotique et douloureux de son destin pour acceder à l'illumination. Il s'agit ici d'une représentation solaire de la croyance. Les Dieux acceptent la mort, se sacrifiant pour que le soleil continue de luire et la vie des hommes possible, les humains avaient mérité leur vie grâce à l'auto-sacrifice des Divins, pour cela les êtres humains s'appelèrent désormais « Macehuales » qui signifie « Méritants ».

On pourrait par ces légendes comprendre la terreur des peuplades quant aux éclipses solaires, puisque si l'astre était caché se serait sa mort, et il n'y aurait plus de lumière, ni de chaleur sur la terre ce qui voudrait dire la destruction de la race humaine. Avant d'en arriver à cette imminente catastrophe, l'unique solution serait « d'alimenter » le soleil ; si des propres dieux s'étaient offerts antérieurement au bénéfice des hommes, il était naturel que se soit au tour des humains d'offrir leurs vies. On s'aperçoit donc qu'il y a toujours une divinité qui offre son sang pour sauver l'humanité, dans presque toutes les traditions et nous humains sommes toujours les receveurs de ce mérite. Peut être est-ce la raison pour laquelle nous avons toujours, besoin d'un guide, d'un maître, ou quelqu'un qui pose des règles, qui nous montre l'exemple, afin que nous le suivions et l'imitions. Cela est vraiment le lien, dans toutes les traditions. Dans notre culture, ce fut le fils de Dieu, dans celle-ci les Dieux eux-mêmes, chez les Toltéques Quetzalcóatl.

Les Druides sacrifiaient un habitant de la tribu et arrosaient la terre de son sang aux fins de calmer la colère des Dieux et demander l'abondance, lors des grandes disettes et famines.

L'élément Divin comme créateur de l'origine et de l'ordonnancement du monde coïncide avec d'autres cultures telles que, la Grecque ou la Chrétienne, puisque sans l'intervention divine, l'univers n'existerait pas. Tout en ayant leur symbolisme propre, la conception des états posthumes des Aztèques, des Mayas ou Incas, notamment en ce qui concerne la description de ces états paradisiaques ou infernaux apparaît très proche de celle des croyances sur la vie future exprimées, par les religions monothéistes, et singulièrement le Christianisme.

Chaque institution professe l'amour de celui qui fut, est, et sera. L'ésotérisme admet un Logos créateur de l'Univers ou Démiurge architecte. Ce n'est pas une divinité personnelle mais collective. Dieu est entité. Dieu est l'Armée de la voix qui peut créer au moyen de son verbe.

En Amérique précolombienne, c'est le sacrifice de plusieurs Dieux, qui a permis la formation de notre monde : Le cinquième. Cette idée partage la mythologie Chinoise (Dieu P 'an-Ku) (la légende de P'an-ku est la première cosmogonie complète de la tradition chinoise. Elle a été attribuée au taoïste Ge Hong (IV °S.), qui aurait voulu donner une forme accessible aux explications philosophiques abstraites de l'ordre cosmique).


La théorie de l'existence de quatre mondes antérieurs au notre avec une fin de destruction totale, est propre aux cultures mésoaméricaines. Comme nous pouvons l'apprécier, dans les mythes Aztèques, certains éléments sont communs à d'autres récits cosmogoniques, qui lient, les systèmes de croyances mésoaméricaines avec des cultures éloignées de cette civilisation. La structure cosmogonique de ces cultures et la régulation du Monde en plusieurs phases, s'apparente au mythe Chinois comme par exemple, le mythe de l'Oeuf Cosmique.


LES AZTEQUES

 

Les Aztèques se considéraient comme le peuple élu du Soleil. Azteca (« ceux d'Aztlan ») a servi à désigner, selon les chroniques indigènes et espagnoles, le peuple Aztèque jusqu'à son départ d'Aztlan. Le mot « Aztlan » peut être traduit par : « l'endroit des origines ». Cette cité mystérieuse était construite sur une île qui aurait donné son nom à ce peuple. « Le peuple de la mort » est le nom attribué aux Aztèques, et cela se vérifie, car leur vie quotidienne témoigne des nombreux exemples, où la mort est protagoniste. Citons par exemple, les nombres des jours : le sixième ou « Miquiztli », représenté par un crâne qui symbolisait la mort, le neuvième ou jour des défunts, attribué à « Huei Micailhuitl ». Les naissances pouvaient être régies par le signe de la mort où « Mictalnteuctli », huitième signe il désignait les futurs médecins et tous ceux qui mouraient brusquement et subitement.


Les Aztèques croyaient que le monde avait été détruit plusieurs fois. Au moins quatre fois, c'était pour eux les quatre « soleils », leur ère qui est également la notre, était la cinquième ère « ou soleil du mouvement ». Elle devrait selon la prophétie connaître le même sort : « une nouvelle fin du monde ». Au premier Soleil ou « soleil de jaguar », la terre fut écartelée, au deuxième ou « soleil de vent » elle fut soulevée, au troisième ou « soleil de pluie de feu » elle explosa, au quatrième ou « soleil d'eau » elle disparut sous l'eau. Chaque fin de ces quatre périodes est indiquée par sa date exacte sur des monuments tels que le calendrier Aztèque ou la pierre des Soleils.

Après la mort, la force de la résurrection, se met en marche. Le Soleil apparaît chaque matin après avoir passé la nuit sous la plaine Divine : « Teotlalliitic », c'est-à-dire  dans les enfers. Venus meurt et renaît ainsi que le Maïs, et toute la végétation morte en période de sécheresse, ressurgit plus belle et plus luxuriante à chaque saison des pluies, de la même manière que la lune disparaît du ciel et réapparaît au rythme de se phases. « Tonatzin » notre mère la terre ou « Xochiquetzal » la déesse des fleurs sont la base qui sustente la vie et participe ainsi au cycle cosmique permanent,  de la naissance et de la mort. De cette façon ni l'Homme, ni la nature ne sont condamnés à une mort éternelle. Chaque jour la nature nous enseigne cette leçon magistrale. Naissant à l'est et mourant à la tombée de la nuit à l'ouest, de la même manière que la vie et la mort sont les aspects d'une même réalité si évidente, comme le grain de maïs qui pousse d'une semence et est moulu pour servir de nourriture en un cycle continu. Ainsi le guerrier qui meurt au champ de bataille ou le vaincu sacrifié n'est pas d'une importance capitale, puisque la vie sur terre n'est qu'un temps, une période, un petit pas dans lesquels l'esprit transcende la matière pour revenir transformé en compagnon de l'Aigle  «Cuauhecatl, » les deux « compagnons du Soleil »

Une fois de plus l'objectif de l'homme selon la cosmovision préhispanique, n'est pas la vie terrestre sinon la purification sur ce plan, et là l'abandon total et généreux à l'éveil de la conscience. Cela nous le savons est commun à toutes les croyances.

 

LE SACRIFICE

L'un des thèmes compliqués et conflictuel à l'étude des cultures mésoaméricaines en relation avec la mort est le sacrifice humain. Cette étude porte sur la conception de la mort en ces cultures et ce qui les entoure et je ne vois pas la nécessité de citer les détails barbares qui ont assurément détourné les recherches de l'objectif premier. Cependant le sacrifice, est une pratique commune à d'autres cultures, bien que il n'y ait autant de documentation sur les autres, que sur celle des Aztèques, probablement dû au fait que c'est la seule civilisation qui a eu des évangélisateurs qui relatent ses traditions au jour le jour.  Le sacrifice était terrible, tout du moins pour nous occidentaux, trop souvent lorsqu'il s'agit des Aztèques, l'interlocuteur s'indigne, aussi vivement que les Espagnols de Cortés découvrant le rite sanglant. Tout à sa vivacité, l'interlocuteur oublie les tortures de la procédure civile européenne jusqu'au XVIIIe siècle ; les célébrations Romaines dans les cirques aux lions ; les bûchers des sorcières... ;les guerres de religion ; la guillotine ; le garrot ; le génocide de millions d'indiens par les Américains du Nord ; l'esclavage et ce que l'on faisait aux « marrons » (en application du tristement célébre »Code Noir) » qui tentaient de s'enfuir ; la Shoah ; le Stalinisme et lses pendants.  On oublie aussi trop vite le comportement de Cortés et Pizzaro, qui, si ils ont mit fin aux sacrifices humains, ont procédé à la destruction des empires Aztèques, Inca et Maya. Or ces assassinats collectifs européens n'ont souvent eu lieu que pour s'emparer des biens, ou pour détruire l'influence morale et spirituelle d'autrui. Et, s'ils ont eu lieu pour le service d'un prince, d'une foi ou d'une idéologie, ils s'assimilent aux assassinats collectifs des mésoaméricains. Les celtes aussi pratiquaient le sacrifice humain et même dans les registres bibliques on parle de sacrifices cruels. Il y a dans la race humaine un ancrage sanglant que semble t il nous n'arrivons à éradiquer, et d'autre part, la valeur et le respect de la vie dans l'histoire primitive de l'humanité semblait plus s'adresser aux dieux qu'aux humains

Sans aucun doute, tous les hommes n'avaient pas la force spirituelle, la maîtrise de leur volonté, et la capacité d'affronter la vie et la mort de cette manière, malgré leur vision philosophique de la mort.


LES CIEUX ET LES ENFERS

 

Les Aztèques comme les Mayas, ne considéraient pas la mort comme une fin. Pour eux il n'y avait pas de solution de continuité entre l'existence terrestre et la vie posthume. Aussi ne craignaient-ils pas la mort, qu'ils voyaient comme un simple passage. Ils pensaient qu'il y avait trois sortes de mondes : les Cieux, le domaine terrestre, et les mondes souterrains ou infernaux Parmi les cieux ils distinguaient neuf degrés : Un ciel en pyramide à degrés, Neuf étages (ensuite les Astéques ont rajouté des couches, jusqu'à arriver à treize) ; une terre plate sorte de base carrée, à deux triangles équilatéraux dont l'un a le sommet en haut et l'autre en bas, ces triangles sont représentés dans la religion Aztèque par deux pyramides. Selon qu'on gravit ou chute d'un degré on s'élève ou s'abaisse, d'une heure dans chacune des pyramides. La pyramide du haut accueille les heures du jour, celle du bas les heures de la nuit. Les pyramides sont cernées par un fleuve le « chicunauhapan » qui veut dire : « le courant des Neuf » car il est admis Neuf cieux et Neuf niveaux inférieurs. Le Nord et le Sud n'existent pas, l'important est l'est et l'Ouest ou se trouve Tlatecuhtli, cette divinité avale le Soleil le soir et le recrache le matin ; puis un inframonde (enfer) de Neuf degrés, associé aux morts et jalonnés d'épreuves, plus on descend et plus les épreuves se durcissent. Les enfers comprenaient neuf niveaux plus on déscendait plus les épreuves étaient difficiles jusqu'au royaume des morts, s'apparentant au Purgatoire. C'est la région où les âmes descendent pour annihiler leurs défauts et se purifier. On peut voir l'Enfer comme un endroit où règne la souffrance. Il représente aussi un état de Conscience et de réflexion. Lorsque l'Ego nous mène à la violence, la dispute, le manque de compréhension, à sa prison psychologique, s'exprime alors en nous notre propre Enfer. Dante, le disciple de Virgile, le poète de Mantoue, relate en sa « Divine Comédie » les neuf cercles dantesques, en rapport avec l'Enfer. Chez les romains il s'agissait de l'Enfer, chez les Grecs du Tartarus, chez les Indoustans de l'Avichi, chez les Aztèques « Mictlan ».

Nous trouvons le Ciel, bien que sous différents noms, dans toutes les religions confessionnelles. Il représente un état de Conscience Supérieure et également l'extase, où se trouve notre Etre Réel, ainsi que Dieu ; c'est l'Olympe des Grecs, le Chouan des Bouddhistes et le Ciel des Chrétiens. On peut ici considérant que l'on partait de la terre faire un rapprochement avec l'arbre des Sephiroth, (symbolisant d'abord l'avancée de l'Inconnaissable vers sa manifestation humaine. L'Aïn-Soph, éblouissan, principe infini de l'amour même, ne peut être contemplé directement. Pour masquer son éclat, il s'entoure de voiles successifs constitués par des combinaisons des segments symboliques. L'arbre des Sephiroth représente aussi l'ouverture du vivant esprit humain s'avançant vers Dieu encontrant à son mi parcours Tipheret, sephira de la Beauté.

Les Aztèques sont très proches de nous dans la conception de l'Eden et de l'Enfer. Il est certes plus simple d'opter pour une seule version en présentant en un exemple unique de  la conception des mondes et de la création de la terre. Mais je ne peux m'arrêter à cette idée car les Aztèques, à l'inverse d'autres peuples tels les Mayas, Olmèques, Toltèques etc..., adoptèrent toutes les conceptions pour les réunir en une seule croyance multiple. Ils sont ouverts et possédent un esprit large. Ils pensent que mieux vaut pour eux : « plusieurs versions q'une seule » et en les acceptant dans leur intégralité, plus grandes sont leurs chances de détenir la bonne, l'unique, conception possible.

Par Ashaninka - Publié dans : Civilisations, Précolombie, Atlantide...
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Lundi 27 juillet 2009 1 27 /07 /2009 21:35




LES QUATRE MONDES DE LA MORT


Selon la façon de vivre, les précolombiens pouvaient atteindre quatre endroits différends lors de leur mort. La destination la plus appréciée, et la première était « ILHUICATLTONATIUH » lieu promis aux guerriers de la bataille fleurie ; le prix de ceux qui arrivaient à fleurir leur cœur et se donner en guise d'aliment. Un détail pourtant attire l'attention, les dieux ne s'alimentaient pas de n'importe quel sang, en fait, ni du sang en lui-même, sinon de l'essence contenue dans le liquide vital des valeureux guerriers. Quant aux femmes mortes en couche, quelle caractéristique commune pouvaient elles avoir avec les guerriers ? Peut être pour certains, c' était l'adrénaline générée par ces états, mais je pense qu'il s'agissait plus de la générosité, l'arrogance, et la loyauté, enfin la capacité du sacrifice au bénéfice d'un groupe... en réalité c'est là, le vrai point commun entre le guerrier et la femme parturiente.


Le premier endroit était la « Maison du Soleil ». Le seigneur de la Gloire, était le havre des âmes des soldats morts en bataille ou prisonniers du pouvoir ennemi captifs et abattus par d'autres tribus. La manière de recevoir la mort variait entre mourir, par le couteau, brûler vif, être décapité lors des lutes, ou subir des tortures, (certaines pratiques consistaient à ficeler le corps de l'ennemi en entier le suspendre au dessus d'un, feu ainsi il était brûlé), telles que les scarifications infligées afin que les insectes pénètrent par les plaies provoquant une mort lente et douloureuse. Les femmes qui mortes en couches se convertissaient en « mocihuaquetzque » ou « femmes valeureuses » étaient chargées de guider le soleil, lors de son parcours de midi à la tombée du jour. Respectées en tant que  Divinités féminines, elles représentent l'aspect féminin de Dieu : c'est Dieu-Femme, la Mère Divine, l'Eternel Féminin Cosmique. Marie Theotokos, mère de Jésus souffrant pour son enfant.

La croyance voulait qu'elles habitassent dans la partie occidentale du ciel, une légende disait, que la nuit elles venaient enlever les petits enfants qui s'attardaient sur le chemin. Une autre légende dit aussi que située au sein d'une magnifique plaine, au terme de quatre années passées, les âmes se convertiraient en oiseaux au plumage coloré, jouissant de la vie, en s'abreuvant au sucre des fleurs du ciel et de la terre.

Comment vérifier la beauté poétique de ces cultures, en ses descriptions sur la vie dans l'au-delà, unies à l'absence de raison alors que, mérite ou punition, sur les actes accomplis sur terre, étaient une libération absolue de la peur de la mort, propres aux religions monothéistes.

Le deuxième endroit était « Chichihuacuahco » C'était la demeure des enfants morts, ceux-ci se nourrissaient d'un bel et abondant arbre, et duquel coulaient de chaque branche des petites gouttes de lait. Ces enfants renaîtront, pour essayer le monde quand le cinquième soleil sera détruit, ce qui correspond à notre ère actuelle. En attendant ils vivent heureux là bas sans peines, ni gloires.

Le troisième endroit était « Tlalocan » la demeure de la Lune. Là vivent des Dieux nommés « tlaloque ». Ceux qui allaient à « tlalocan » étaient les morts par maladie épidémique, lépreux, pestiférés, galleux, goutteux, mais aussi ceux foudroyés, ou noyés. C'était un paradis, un endroit frais et agréable. Ce lieu représentait toute la vie sur la planète, l'éveil. Le Dieu de la pluie et de la foudre veillait sur son domaine.

Pour finir le dernier lieu était  le terrible « mictlàn ». Ceux qui n'avaient atteint la mort lumineuse du guerrier, ni la mort attendrissante de l'enfant, ni la mort associée à l'eau arrivaient là, endroit terrible car il signifiait : « rien », le néant, mort stérile résultat d'une vie stérile la mort sans conséquence ni transcendance ; la mort pour rien. Il s'agissait d'un lieu mystique dans la conception philosophique du monde mésoaméricain, point de contact entre la terre et l'infra monde, porte d'entrée terrifiante du rien. Cet endroit était gouverné par les Seigneurs « Michtlantecutli et Michtlancihuatl ». Il était décrit comme un lieu très vaste et obscur, sans lumière, ni fenêtres et nommé de différentes manières, par exemple : « Tocenchan et Tocenpapolihuiyan » signifiant : « notre maison commune », « existe » signifiant : « où se trouvent les dépouillés les décharnés », « Atlecalocan » signifiant : « sans issue » etc... Le mort en question devait passer par un large fleuve au fort débit appelé « Apanohuaya » il était aidé d'un chien couleur cannelle (Techichi) la couleur était importante le mort devait choisir au détour d'un bras du fleuve un chien qu'il saisirait par la queue ni noir, ni blanc car ils l'emmèneraient sur le mauvais chemin. Ensuite nu il devait passer entre deux montagnes qui s'entrechoquaient à intervalles réguliers appelées « Tépetlmonamicitia ». Puis il devait grimper un coteau parsemé de silex aiguisés, pour traverser les huit cols enneiges et les huit plaines où souffle un blizzard glacial qui coupe comme un couteau, après toutes ces souffrances restait encore à affronter « Teocoyleualoyan », un immense jaguar, qui mangeait le cœur, afin de pouvoir tomber dans l'Apanviayo dont se trouvait dans les eaux noires le lézard gardien du royaume des morts« Xochitonal ». C'est alors que s'achevait son terrible et douloureux voyage, il se présentait devant le Dieu des morts« Mictlantecutli » qui lui dirait : « - tes peines se terminent, à présent tu peux dormir ton songe mortel » après quatre ans de voyage par le « Mictlàn » royaume des morts ils atteignaient le « rien »leur destination finale et disparaissaient.

 

LES ENTITES ANIMIQUES

 

Toujours dans l'esprit de dualité tels que féminin-masculin pour les Dieux, les peuples mésoaméricains partageaient la croyance du corps et de l'esprit, ou de l'entité animique, le corps était enterré ou brûlé et son âme allait vers l'un des quatre destins cités ci-dessus. Cependant Alfredo Lopez Austin, analyste des  cosmovisions mésoaméricaines explique en détail dans son livre « Corps humain et idéologie » chacune des entités animiques. Il a découvert que les anciens Nahuas possédaient trois entités animiques : le « Teyolia », le « Tonalli » et le « Ihiyotl ». Il y a quatre composants de la personne humaine-le Tonacayo, le Tonalli, Teyolia et Ihiyotl qui est : « toute notre chair », et c'est le terme communément en usage pour désigner le corps entier comme une réalité substantielle formant une totalité discrète. Il s'employait pour désigner autant les humains que les plantes. Les autres composants n'ont pas une traduction et peuvent être considérés comme « des centres animiques » c'est-à-dire des foyers localisés dans l'organisme commandant la vie, le mouvement, l'individuation et les fonctions psychiques, chez les humains comme chez les non-humains.

L'élément le plus particulier, existant semble être le Tonalli situé dans la tête chez les humains il diffuse son influence dans tout le corps (au moyen du sang, selon les nahuas contemporains. Emanation impalpable se matérialisant parfois dans le souffle, il adopte un contour invisible identique à celui du corps où il est logé, lorsque il lui arrive de s'en absenter, mais il ne peut demeurer longtemps sans enveloppe protectrice et va chercher refuge dans un autre Tonacayo humain, animal ou végétal. Tonalli peut être traduit par « irradiation » et peut signifier également « la destinée d'une personne selon son jour de naissance » ou bien « quelque choses qui appartient en propre à quelqu'un en particulier ».

 Il s'agit d'une force ou d'une essence manifeste dans le monde sous forme de chaleur ou de lumière, quoique singularisée pour chaque individu en fonction du signe correspondant au jour où il est né et du nom, tenu secret, qui lui sera affecté en conséquence.

Le Tonalli n'est pas présent à la naissance et il doit être incorporé par le biais d'une cérémonie, un bain rituel qui parachève la personne du nouveau né et définit le cadre de ses futurs accomplissements. Le Tonalli peut quitter le corps temporairement, lors de l'ébriété, la maladie, le rêve ou le coït, ou l'abandonnent pour toujours, symptôme d'une mort imminente, car on ne peut vivre sans son Tonalli plus d'un bref laps de temps.

Le Teyolia est localisé dans le cœur, sans être pour autant confondu avec lui. C'est la part de la personne qui rejoint le monde des morts et il peut être assimilé à l'anima, l'âme chrétienne. Il est la source de la sensibilité, de la mémoire, des états d'âme et de la formation des idées. Commande aussi les affects, qu'ils s'expriment en un tempérament durable ou non. Un individu peut avoir un cœur « blanc », « dur », « doux », « amer », « triste », « cru », ou « froid ».

L'Ihiyotl est lié au foie et à la bile. Le terme signifie « souffle » et était utilisé pour désigner le visage. On le décrit comme un gaz lumineux et dense émanant de l'humain, de l'animal ou d'un objet. Présent dès le stade embryonnaire et subsistant après la mort comme une exhalation dangereuse, Ihiyotl engendre et canalise les affects dirigés vers un objet quelconque - anxiété, désir, colère, appétit, envie de nuire - et il doit sans cesse être revitalisé par l'air respiré ou la nourriture ingérée. Il combine le registre des émotions productrices d'action et celui des vertus civiques qui lui sont associés. Le visage reflète des qualités idiosyncrasiques reconnues par la collectivité : la gloire, la réputation, l'humilité, la splendeur, l'expérience, la dignité.

Les Toltèques et la « Tensegrité » travaillent surtout avec le Tonal et le Nagual. Tonal est le Tonalli, Nagual est aussi abstrait que les notions données antérieurement ; c'est aussi le côté gauche du cerveau et l'inconnu, l'invisible. Mais le tout doit être mis en relation avec « l'intention », force qui unit et réunit les différents composants du monde, l'énergie sauvage, comparée à la Shakti Indienne, et qui est au même temps simplement l'intention, notion traduite comme « la volonté de faire quelque chose.» Toute cette connaissance était transmise par un Maître, un guide, choisi par les signes du destin, de l'invisible. Les enseignements se faisaient de manière individuelle, par le moyen des dialogues, dans un premier temps, après par l'utilisation des plantes hallucinogènes et finalement d'une manière collective. Il y a un enseignement pour le côté droit et un autre pour le gauche pour arriver à la totalité de la personne.

Quant aux trois corps animiques que j'assimile à la Trinité, Tonalli dans la tête, Teyolia dans le cœur, et Ihiyotl dans le foie, on les retrouve dans toutes les croyances. Ils sont les trois forces nécessaires à la concrétisation d'une Création. Dans le Catholicisme, il s'agit du Père, du Fils et du Saint-Esprit soit le « Temple Humain », dans l'Hindouisme, c'est Brahmâ, Vishnu et Shiva, en Egypte, Osiris, Isis et Râ... Selon le Bouddhisme l'humain est composé de trois corps, le mental soit la tête, la parole soit le cœur et le plexus solaire qui correspond au foie, ou le monde des désirs. Si une de ces entités animiques fonctionne mal il se produira un dérèglement énergétique, causant des maladies importantes pouvant entraîner la mort. Les Hébreux appelaient Ruash le souffle divin et croyaient en trois corps animiques le physique, l'émotionnel et le mental. La Trinité Catholique de l'Homme est égale à la Divine : le Père, le Fils et le Saint Esprit.

 

LE CULTE DE LA MORT

Poussons si vous le voulez bien, l'investigation sur le sacrifice dans le paganisme en incluant les cultures mésoaméricaines.

Le culte de la mort est la partie essentielle de l'hérédité culturelle dans les peuples Nahuas. Certaines informations de cette tradition datent du deuxième siècle avant J.C. les fouilles archéologiques font ressortir que les morts bénéficiaient de sépultures avec des offrandes les cadavres étaient enterrés avec des poteries en céramique des bijoux de la nourriture et des boissons ainsi que des ustensiles personnels.

Au XVIe siècle la rencontre culturelle, avec l'arrivée des Espagnols en Amérique, n'a rien eu de pacifiste, les vainqueurs ont imposé, leur idiome, leurs coutumes et leur religion en l'occurrence la Catholique. En échange les vaincus ont lutté pour préserver leurs propres valeurs culturelles. Le peuple indigène avait sa foi très ancrée depuis des siècles, la seule manière de faire accepter la nouvelle religion a été d'intégrer les croyances païennes, en synchrétisant leur symbolisme à la foi Catholique. Cela a créé une fusion entre les deux cultures et croyances qui demeure à l'heure actuelle. Le Catholicisme d'aujourd'hui au Mexique jouit de certaines qualités propres d'un peuple qui a lutté courageusement pour ses convictions. Ce phénomène paganiste est commun à d'autres lieux. De nos jours on célèbre des rites et fêtes Chrétiennes qui sont en fait d'origine Celte.

Le culte aux morts dans les peuples préhispaniques se manifestait au travers de la célébration de la vie dans l'au-delà. Le ciel des Dieux « Ometecuhtli » et « Omecìhuatl » était la région présidée par « Mictlantechuhtli » le dieu gouvernant de Mictlàn, lieu des morts. Ainsi comme sur le plan matériel nous célébrons un événement familial ou social, avec de la musique, un banquet des rires et des couleurs, en ces traditions, les vivants célèbrent leurs morts de la même manière. Pour eux la mort n'est qu'un bond dimensionnel vers d'autres mondes.

L'histoire décrit en des termes spectaculaires les obsèques de l'empereur Auitzotl, le plus grand conquistador Aztèque de tous les temps. A sa mort deux cent esclaves ont été élus pour l'accompagner lors de son voyage dans l'au-delà. Le corps de Auizotl fut richement orné, il fut emmené sur une litière funéraire et les esclaves sacrifiés un par un, en une cruelle cérémonie, il semblerait selon les différentes cultures que les uns étaient incinérés et leurs cendres conservées dans des coffres qu'ils gardaient avec une mèche de cheveux en dessous de la maison afin de conserver le lien familial ; d'autres étaient enterrés, les plus fortunés asseyaient leurs morts, une fois momifiés, avec leurs effets, dans des grottes ou dans des fosses au sein d'un temple. Au vu des nombreuses cultures et de leur diversité je ne parlerai que de ce qui est commun à toutes.

Bernardino Sahagún (frère franciscain. Arrivé au Mexique en 1529, il a passé sa vie au cœur du peuple indien, jusqu'à sa mort à 90 ans ; il s'est entièrement consacré à recueillir, avec acharnement, passion et méthode, tout ce qui était encore vivant du patrimoine culturel des anciens Mexicains. On lui doit la majeure part des connaissances que l'on peut avoir aujourd'hui de la langue nahuatl et une somme inestimable de témoignages de première main sur la vie, l'art, les sciences et l'histoire des Aztèques.
Pendant soixante ans, Sahagun a fait partie de ces Espagnols qui, comme Bartolomé de Las Casas, ont poursuivi le rêve de la fondation d'une nouvelle civilisation, d'une nouvelle nation, évangélisée certes, mais ne reniant pas le passé des peuples indiens. Rêve constamment bafoué par les conquérants. Le travail même de Sahagun a été nié. En 1577, Philipe II ayant interdit toute recherche sur les civilisations indiennes, le manuscrit de son premier travail achevé, lui est confisqué, ses brouillons mêmes disparaissent.
Il consacre ses dernières années, ses forces déclinantes, à reconstituer fiévreusement son œuvre. Après sa mort, celle-ci est restée si bien cachée que l'Histoire générale n'est redécouverte qu'en 1730 et publiée cent ans après, et d'autres textes bien plus tard encore, dans le cours du XIXe siècle !)


Il a apprit les langues Nahuales pour recueillir les informations des natifs sur leurs coutumes et les relater objectivement. Il est devenu l'observateur des Aztèques et dit : « c'est ce qui, à la lettre est arrivé à ces Indiens, avec les Espagnols : lls furent à ce point piétinés et détruits, eux et toute leur société, qu'il ne leur resta plus aucune apparence de ce qu'ils étaient jadis. Aussi les tient-on pour des barbares, et pour gens de bien pauvre sorte, alors qu'en vérité, en matière de civilisation, ils peuvent en remontrer à bien d'autres que se targuent de supériorité en ce domaine si l'on fait abstraction de certaines particularités tyranniques que comportaient leur institution. Sous ce rapport on a restitué que peu de chose au prix de grands efforts ; leur avantage semblerait incontestable, si l'on pouvait tout découvrir. » Dans son manuscrit : « Historias de las cosas de Nueva España » il relate les rites funéraires : « ...quand les Seigneurs mourraient les nobles leurs mettaient dans la bouche une pierre verte et une noire qui se dit « chalchìhuitl » et dans la bouche des paysans, une pierre qui n'était aussi précieuse de peu de valeur»texoxoctli » ou pierre de poignard, car elle devait remplacer le cœur du défunt »...  « Aussi ils tuaient vingt esclaves masculin et vingt féminines car comme ils avaient servi leur maître dans le monde des vivants ils devaient le servir de la même manière en enfer »...  

Des découvertes archéologiques ont démontré que la pierre verte n'était autre que l'Emeraude, et en certains cas du Jade, quant à la noire cela varie en fonction de la catégorie du mort cependant il s'agissait certainement d'Obsidienne. Ces pierres étaient considérées comme moyen de paiement dans l'autre monde. Pour les mêmes raisons ils mettaient aussi des grains de maïs et des herbes.

 

SIMILITUDES DANS LA QUETE DU REPOS ETERNEL

 

Si on se centre sur les traditions Nahuas en relation à d'autres civilisations géographiquement éloignées on s'aperçoit que dans l'approche de la mort, en respect aux quatre mondes dans lequel peut aller l'esprit, nous découvrons que le Mictlan possède un voyage traversant un fleuve et passant par nombreuses péripéties dans lesquelles le mort doit affronter des éléments terribles. Les Egyptiens, voyagent aussi sur un fleuve, le Nil, lors de leur destination vers l'immortalité. Ils préparent soigneusement leur voyage et se parent d'ornements et de nourriture, s'attribuent l'accompagnement d'esclaves pour les servir et s'octroient les services d'animaux souvent des chiens comme chez les Aztèques qui les protègent et les guident. Les celtes avaient les mêmes coutumes bien qu'ils ne naviguaient sur aucun fleuve mais sur la mer cependant on retrouve le chien ; Ki-Du, le chien noir de Bretagne accompagne les morts durant leur voyage.

Les Hindous naviguent sur le Gange, il s'agit d'un trajet purificateur de l'âme destiné à la réincarnation. D'un autre cote chez les Bouddhistes Tibétains le rituel est plus scatologique. Le corps préalablement équarri et détaillé en petits morceaux devient un aliment pour les vautours, comme symbole du passage temporaire dans un corps et de la transmission de l'énergie au moyen de ce renoncement au bénéfice des autres êtres plus nécessiteux, on retrouve là la manifestation d'une forme de sacrifice. Il y a aussi l'incinération dans ce cas les cendres sont rendues à la terre d'où ils sont sortis, dans quelques rares cas ils enterrent. Le plus intéressant, réside dans les jours précédant la mort au cours desquels selon cette philosophie, commence la dissolution des éléments dont la description est extrêmement reliée aux péripéties du Mictlan. Les anciens disent que pendant les heures qui précèdent le dénouement, nous passons tous par des états de froid désolateur, comme un vent glacé qui nous congèle le corps, par des anxiétés et agitations comme si en notre intérieur se déchaînaient des ouragans et des tourmentes pour ensuite souffrir de chaleur et sécheresse de la bouche, en fin de compte par un périple de vicissitudes entre les éléments terrestres et nos corps subtils avant de traverser la porte qui conduit à l'autre monde la où commence le voyage vers le repos.


LE PRINCIPE COSMIQUE

 

Le principe cosmique, jamais absent d'une religion quelle qu'elle soit, est aussi un degré ésotérique, très élevé, que les peuples ont pris comme guide et exemple. La religion est inhérente à la vie comme l'est l'humidité à l'eau. La clé est elle là ? Est-il nécessaire que quelqu'un s'offre en sacrifice ? Beaucoup ont périt dans les mains de bourreaux aux seules fins, d'instaurer une foi inconditionnelle. Les Dieux Aztèques, en leur cosmogonie, se sont eux aussi, offerts en s'immolant pour que le soleil sorte des ténèbres et illumine les hommes. Curieusement nous nous retrouvons avec les mêmes traditions, à plusieurs siècles et de kilomètres d'écart.Cela répondait-il à une nécessité spirituelle de l'époque ? Des Maîtres ont assimilé le principe Christique Universel et ont été vénérés dans tous les cultes : le Principe Cosmique en Egypte était Osiris et celui qui l'incarnait était Osirifié, au Mexique il s'agissait de Quetzalcóatl, en Inde sacrée de Krishna et chez les perses d'Ormuz. Jésus est un Dieu parce qu'il a totalement incarné le Christ Cosmique. Le Principe Christique est toujours et partout le même. Les Maîtres qui l'incarnent devenant Boddishatvas. De ce fait, je reviens sur le sacrifice, mais cette fois en tant qu'auto immolation, tout d'abord examinons les textes évangéliques il me paraissent, de toute évidence,  incroyablement similaires au niveau symbolique à l'Evangile de Jésus-Christ selon Saint Jean 6,51-58,  « Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du Ciel : si quelqu'un mange de ce pain il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c'est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie... » Ne serait-ce là une similitude avec les sacrifices des Dieux de l'antiquité et particulièrement avec ceux de la culture précolombienne ? « Quetzacoalt » le pacificateur, ne pourrait-il être un double cosmique de l'image du Christ ? Ce n'est ni une aberration ni une dérive, le sacrifice fait partie de la foi chrétienne un innocent doit mourir pour sauver l'humanité, en parcourant un chemin semé d'épreuves, comme le calvaire, afin d'amener l'humanité à un certain niveau de conscience.  Ne serait-ce une sorte de quête du Graal ?

Par Ashaninka - Publié dans : Civilisations, Précolombie, Atlantide...
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