Au début les dieux étaient partout.
Dans un univers où tout était grand et neuf les hommes avaient peu de connaissances, seuls les dieux pouvaient expliquer les phénomènes naturels, seul le divin pouvait cabalistiquement expliquer le mystère de la vie, les constants cercles de la vie et de la mort.
Le soleil se levait parce que les dieux le voulaient bien, les tempêtes surgissaient, apportant destruction et fertilité comme une manifestation du divin, mystérieux qui à tout instant comme un caprice pouvait ôter le don de vie.
Avec le temps nous avons découvert, nous questionnant, enrichissant notre savoir et l’espace des dieux s’est mit à reculer à chaque découverte.
Nous savons maintenant pourquoi le soleil se lève, pourquoi les plantes poussent et comment naissent les bébés.
Nous savons que rien ne se crée ou ne se perd mais se transforme.
Et pourtant en cette époque où nous savons tant de choses la foi continue d’être un élément présent, un élément nécessaire.
Si les dieux ne sont utiles à expliquer les mystères, la science y travaille, alors à quoi servent les dieux exactement ?
La réponse n’est ni simple ni évidente, étant très souvent plus personnelle qu’autre chose.
Quel est le rôle de la religion, de la foi, de la spiritualité dans la société globale de consommation ?
La première hypothèse serait, de mal comprendre le besoin humain d’appartenance, le sentiment d’intégrer un groupe plus large et trouver ce que tous cherchent : l’acceptation.
Même si ce n’est que par tradition formelle, comme ce que l’on observe actuellement dans l’église catholique.
Appartenir à x ou y religion donne une indenté, en tant qu’individus membres de la même communauté, et ce en dehors d’être réellement pratiquant.
Dans d’autres parties du monde la religion est égale à une tribu, un passeport, une bannière.
Etre juif ou musulman est très différent selon que l’on se trouve en Europe, Palestine, Liban ou Syrie, comme être catholique ou protestant en France ou en Irlande du Nord.
Cependant cette identification va au delà de motivations politiques, et culturelles.
Le rôle de la religion est une affaire beaucoup plus intime et émotionnelle.
Ce n’est pas un hasard si tant de sectes fleurissent dans lesquelles les sujets principaux sont l’amour, le pardon, la félicité et la communauté.
L’église la foi a construit un groupe dans lequel elle offre soutien et sûreté comme la famille qui aime inconditionnellement, offrant refuge et appui en relation au monde, qui lui est chaque jour plus distant et plus froid.
Etre aimé, sentir l’amour et l’approbation des autres est une impulsion basique de l’être humain, qui facilement, dépasse la logique et la raison.
Autre motivation possible de se tourner vers une religion : le besoin de l’humain à trouver un contrôle et du rationnel dans un univers fait de hasards et doutes.
Alors que nous avons tant de connaissances scientifiques, que nous en savons plus sur le caractère arbitraire de l’existence, le besoin que quelque chose nous explique, le pourquoi du comment, des probabilités, d’une fin ultime qui justifie les injustices, la souffrance, la peur et la douleur qui caractérise nos vies, se fait de plus en plus ressentir.
Si dieu existe, il sera possible de lui demander d’intercéder en notre faveur, de lui offrir réparation de nos erreurs et de cette manière éviter des catastrophes.
Illusion de contrôler le cours de notre existence ou superstition ancrée des anciens enseignements ?
Dieu vu ainsi est une sorte de « air bag » ou de ceinture de sécurité qui nous prend et nous protège, au cas où…et comme dit la prière « nous délivre de tout le mal ».
La religion, et certaines formes de spiritualité, ont aussi un rôle consolateur dans le désespoir.
Plus grand est le désespoir et plus grande est la croyance en une force mystique qui nous porte.
Enfin toutes les religions offrent une vision relative de la vie, en ce sens qu’elles expliquent que mourir n’est pas une fin.
Punis ou récompensés pour nos actes, réincarnés ou prisonniers du monde des esprits nous continuerons à « être » dans n’importe quel plan de l’existence. C’est là que la science pèche car elle ne peut garantir, à l’image des religions, un au-delà.
La société actuelle, s’est laïcisée au point de pousser la religion à un espace retranché intime de sphère personnelle.
Dans la plupart des pays occidentalisés les pratiques religieuses, ont quasiment disparut, se résumant à des pratiques régulières spécifiques comme marquant un rite de passage : la naissance, l’union, la mort.
Cependant nombreuses formes résiduelles de foi et de spiritualité subsistent.
Bien que les fidèles s’amenuisent, il demeure un besoin de pouvoir supérieur à l’humain, qui explique et aide, depuis les cartes de tarots, à la petite bougie allumée pour aider lors des examens, aux rituels de chance…jusqu’aux modes spirituelles, telles les magies blanches, les fées, les anges et même les extraterrestres.
La foi est inhérente à l’être humain, intrinsèque.
Penser que la foi deviendrait obsolète face à la science était une erreur.
Peut être que croire une certaine forme de pouvoir supérieur, d’inconnu, quel qu’il soit, est plus facile et sûr que de supporter un quotidien moderne, orgueilleux, individualiste, agressif et basé sur une « déité » nouvelle : l’argent et son pouvoir.
Il y a des nuits avant et après notre passage sur terre.
Serait ce la peur de ne pas vivre celles de notre parcours qui motive ?
Ou alors tout simplement la peur de se tromper ?
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