Jeudi 10 décembre 2009 4 10 /12 /2009 12:58
photos appareil 043 face3




amazonie1

Un indéniable charme des plus mystérieux continue à filtrer de la jungle Amazonienne, sans aucun doute la plus riche réserve forestière au monde.

Les larges avenues et les rues principales que sont les innombrables voies navigables qui sillonnent comme les nervures d’une feuille, facilitent certes les communications et contrebalancent en partie l’hostilité de la forêt.

Pourtant peu de gens vivent à l’ombre de son exubérante végétation, c’est qu’au lieu de se rendre maître de la terre, l’homme préfère de tout temps être esclave du fleuve qui l’alimente, le transporte le protège et l’enrichit.

Nous savons aujourd’hui que l’intention première ne fut point d’utiliser ces généreux cours d’eau pour implanter une « civilisation blanche » sous les tropiques mais plutôt pour faciliter le pillage pur et simple de la nature et le faible taux de densité de l’actuelle population reflète bien le peu d’importance accordée aux mouvements de pénétration qui même lorsqu’ils furent encouragés par les autorités, n’attirèrent en ces lieux qu’un nombre infime de pionniers.

C’est pourquoi bien plus que le manque de bras, c’est la course aux épices pour lesquelles Espagnols et Portugais avaient montré un vif intérêt qui explique le mieux le maigre développement économique de la région. Cette mentalité de cueillette est d’ailleurs la cause, de l’immense activité extractive qui y règne encore de nos jours et qui conduit inexorablement à la déprédation de ses richesses naturelles.

A titre d’exemple de parfaite destruction combinée d’espèces animales et végétales à la fois, je ne citerai que ce que j’ai vu sur les berges d’un ruisseau aux abords de la ville de Santarém dans l’état du Pará au Brésil : mettre le feu à la végétation pour chasser de son habitacle la Muçuà, un petit chélonien fort apprécié des gourmets.

Et l’indien de se demander devant tant de crimes et de ravages perpétrés contre la nature sans défense : que sont donc devenus les génies protecteurs d’antan qui peuplaient la forêt et ses rivières ?

Eux que les primitifs craignaient énormément, n’exerceraient-ils à présent aucune sanction sur ces nouveaux Amazoniens irrespectueux de leurs mandements ?

La Boiuná qui tant effrayait les sylvicoles lorsque pareille à une galère illuminée, elle descendait et remontait inlassablement les cours d’eau, ne garantit plus aux poissons la paix nocturne, et le Curupira, ne met plus en fuite le chasseur qui s’adonne aux plaisirs cynégétiques, massacre le gibier dans l’unique but de négocier les peaux de certaines espèces animales menacées d’extinction.

Ni n’importune le gros colon qui déboisant des hectares de forêt ne se préoccupe pas même de restituer à ce sol, l’un des plus pauvres de la planète, le moindre de ses éléments de fertilité.

J’ai parcouru une grande partie de cette immense contrée enchantée, l’une des plus extraordinaires et des plus fascinantes de la terre et aujourd’hui, en me rappelant les atroces dévastations commises un peu partout, je ne peux m’empêcher comme tant d’autres amantes de la nature de me poser la même question : l’Amazonie, saura-t-elle conserver longtemps encore ses traits caractéristiques de paradis de verdure d’eau et de soleil à nul autre comparable ?
Par Ashaninka - Publié dans : Civilisations, Précolombie, Atlantide...
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Retour à l'accueil

Présentation

Recherche

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés