Dimanche 18 octobre 2009 7 18 /10 /2009 18:06

photos appareil 043 face3Il y a conflit sur la réelle représentation des véritables fonctions de l’agent pénitentiaire au sein des établissements.


La fonction de resocialisation (je préfère parler de socialisation plutôt que de réinsertion car avant d'être réinséré il faudrait être inséré dans la société hors actuellement le soucis majeur est une désocialisation due au contexte économique et à une mauvaise gestion du social dans notre pays, mais aussi; après un certain temps de privation de liberté l'être humain est désocialisé en non "dé inséré")) je disais donc que la fonction de resocialisation, est ignorée, ou peu appliquée, par le simple fait que les établissements pénitentiaires n’offrent pas les conditions pour la mettre en pratique.

 

Corroborant à inculquer  la mission de « garde », certains gouvernants en service affirment que la fonction est inhérente à la sécurité du détenu, et ce dans l’unité carcérale.


A aucun moment les administrateurs n’ont été clairs sur le rôle et la mission de resocialisation et les agents n’ont été stimulés pour développer un tel rôle.


Le surveillant doit en dernière instance garantir un minimum d’ordre, s’appliquer à éviter quelconque émeute ou soulèvement, veiller à la sécurité de l’établissement, doit éviter les bagarres entre les prisonniers eux-mêmes ou à l’encontre des personnels, faisant semblant d’avoir bien appréhendé et compris ce qu’on attend de lui au sein d’une détention.

 

Le surveillant est censé comprendre, comme étant de sa responsabilité, le soin du détenu (éviter les suicides), la sécurité de l’ensemble de l’institution dans laquelle il se trouve, tout en ayant une préoccupation de rééducation et d’intégration « assisté » par les autres corps de métiers qui gravitent dans la prison.


Sans être acteur intégral de ses attributions par le fait de n’avoir aucun plan ni projet de travail dirigé, avec une finalité commune, en effet celui-ci est le dernier informé de toute décision, prise envers ceux qu’il côtoie certainement plus que tous les penseurs et décisionnaires.


Mais aussi le dernier entendu avant les prises de décision et les réformes le concernant lui même.


Alors chaque agent cherche à faire son travail du mieux qu’il peut, inexistant dans son contexte professionnel… une vision à plus ou moins long terme d’obligations et d’objectifs, visant à resocialiser le public « visé».

 

Cependant il est bien seul dans sa tâche et soumis à une certaine discipline qui lui interdit de prendre des initiatives.


Bien qu’il ait des attributions définies et des responsabilités inhérentes à sa compétence, celles-ci officielles dans la structure organisée du système pénitentiaire, ayant ainsi une reconnaissance interne de ses fonctions, il devrait y avoir un investissement plus important de la part des gestionnaires de l’école pénitentiaire, en créant une spécialisation professionnelle pour les agents, favorisant la construction d’une pratique plus efficace de la part des institutions, en cherchant à comprendre les divers aspects du métier.

 

Les activités développées dans les unités carcérales par les surveillants représentent un important service public, non reconnu par les divers segments sociaux, et très souvent par leurs administrateurs eux-mêmes.


Très peu en effet connaissent réellement le quotidien des prisons, des agents, ou le travail que ceux-ci fournissent.


Bien que d’autres professionnels (médecins, avocats, enseignants etc…) travaillant dans l’espace pénitentiaire soient reconnus socialement, les agents pénitentiaires ne sont pas perçus honorablement par la masse populaire, portant sur eux les stigmates du nivellement et du comportement de leurs « clients ».

 

Mais tout d’abord il est indispensable que l’agent pénitentiaire ait conscience de son importance sociale et qu’il soit lui-même le détenteur de ses véritables attributions en les appliquant objectivement, l’affleurement de son véritable rôle, la consolidation et valorisation de son image professionnelle et sociale.

 

Pour travailler dans une prison, il doit exister une combinaison égale de qualités personnelles et de compétences techniques.


Les agents pénitentiaires doivent avoir des qualités qui leurs permettent de traiter tous les détenus, inclus les plus difficiles ou dangereux, de manière égale et impartiale, humaine et juste.

 

La plupart des recrutements actuels massifs ont démontré le manque d’investigation, et de tests psychologiques sur la personne recrutée.


On constate une démotivation, un laxisme, une incapacité à affronter la population pénale et même de la corruption par empathie et par manque de rémunération motivante.


Par absence de formation spécifique, de soutien, de valorisation du travail, et de reconnaissance des conditions insalubres et nerveusement épuisantes,  on est victime de démissions, suicides, dépressions chez le personnel.


Ceux-ci deviennent vulnérables.


A l’heure actuelle, il faut beaucoup d’idoneïté, d’équilibre mental personnel, pour mener à bien le quotidien en respectant la loi et le règlement et palier à la vie extérieure qui n’est pas toujours très facile.

 

D’une manière générale cette profession est considérée comme inférieure aux autres corps de métier de la sécurité publique.

Cela s’en ressent dans la rémunération et l’absence de considération.

Cela a pour conséquence la difficulté à recruter et à retenir du personnel adéquat.


Afin d’attirer de nouveaux personnels le salaire doit impérativement revu à la hausse, proportionnel aux risques de la profession et aux mauvaises conditions de travail, (surpopulation carcérale, locaux vétustes…)


Le statut d’une profession se mesure au niveau de la rémunération.

Les meilleurs professionnels sont attirés par de bons salaires et de bonnes conditions de travail.


Plus personne ne travaille pour la gloire, « le travail n’est plus la santé ». Travailler dans une prison est l’un des services publics les plus complexes, citons tout de même qu’il s’agit de la deuxième profession la plus dangereuse au monde selon l’ONU.

Ce qui devrait être pris en considération par nos gouvernants.


Le gouvernement doit reconnaître que les agents pénitentiaires on le droit à une rémunération adaptée, décente et compatible avec leur travail, pénible et dangereux de plus nous y constatons un niveau d’étude largement supérieur au niveau de recrutement. 70 °/° des personnels possèdent le BAC et plus, DEUG, Licence…


On ne peut exiger d’un agent pénitentiaire actuel, d’exercer une fonction de rééducation, réinsertion, de garde etc…sans lui demander d’étudier un tant soit peu ; forte hypocrisie de nos gouvernant qui savent pertinemment que ce qu’ils demandent au surveillant pénitentiaire actuel, est au minimum du niveau bac et plus.


Le gouvernement ne peut continuer d’exiger d’un travail recruté au niveau BEPC, des fonctions qu’il devrait rémunérer au niveau supérieur, rien d’étonnant au laxisme que nous observons.


La connaissance des Lois pénitentiaires et leur caractère individuel et resocialisant des peines, sont des bases fondamentales à l’exercice de la mission de réinsertion.


L’agent participe en offrant sa contribution soit au travers d’observations ou soit de suggestions pour résoudre les problèmes.

Pour cela il doit sans cesse se documenter, connaître le droit Pénal, connaître la réglementation pénitentiaire, les nouvelles lois Européennes, tenir compte des nouvelles directives des Droits de l’homme etc…

De plus ce dernier doit être à la fois un gardien, un psychologue ou psychiatre, un conseiller, un traducteur, un enseignant, un éducateur, un infirmier,…


La prison étant à l’heure actuelle le lieu où l’on se débarrasse de tout ce qui dérange et perturbe le bon ordre de la société, le personnel pénitentiaire doit assumer par la force des choses et pour le bon déroulement de la vie carcérale et sociale extérieure aux murs d’enceinte, tous les rôles qui lui sont imposés par la « malchance » ou par le « destin » nommons le comme nous voudrons.

Plus objectivement on dirait : par le « on s’en fout on ne veut pas de vagues, faites ce qu’il faut pour ne pas faire la une des journaux » de ceux qui nous gouvernent.


Comment peut on faire semblant de croire que l’agent va se former sur le tas au niveau demandé ?

N’appellerait on pas cela, se moquer du monde ?


Si l’on considère que les agents sont pour la plupart débordés par leur rôle de garde et de sécurité, débordés par le manque de structures permettant une condition de travail saine, débordés par la surpopulation, (un agent pour plus de cents détenus), on comprend que la mission de réinsertion soit remise au futur : « quand les conditions le permettrons »…


Les agents sont obligés dans le contexte actuel des choses de placer les critères de sécurité au dessus de toutes les autres exigences des gouvernants et droits humains.


Le droit humain serait déjà de reconnaître et de valoriser ceux qui ont la « foi » car plus que de la vocation il commence réellement à s’agir de foi il faut avoir la foi pour continuer d’exercer consciencieusement ce métier avec une rémunération minable, des repos aléatoires, et une désocialisation complète.

Par Ashaninka - Publié dans : Philosophie, Sociologie
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