Legendes

Mercredi 26 août 2009 3 26 /08 /2009 15:31

Vieille légende cherokee



Un soir, un vieil indien Cherokee parla à son petit fils, du bien et du mal, de la guerre qui se produit à l'intérieur des individus :
  

- La bataille est entre deux "loups" qui vivent en chacun de nous.

L'un est mauvais, il est colère, envie, jalousie, tristesse, dégoût, obstination, arrogance, pitié de soi même, culpabilité, ressentiment, inferiorité, mensonges, faux orgueil, surpériorité et egocentrisme.
 
L'autre est bon, il est amour, joie, paix, espoir, sérénité, bonté, bénévolat, empathie, générosité, verité, compassion, humilité, partage, etc...

Le petit fils attentif, pensa en cette lutte, et s'endormit.
Le lendemain il demanda à son grand père :

 
-Quel loup est victorieux?

Le vieil indien répondit :

 
-Celui que tu nourris...
Par Ashaninka - Publié dans : Legendes
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Lundi 10 août 2009 1 10 /08 /2009 10:28



(...)Mais revenons aux exploits du Boto dans sa version  féminine cette fois et si bien personnalisée la perfide Iára, la nymphe aquatique partout à la fois dans cette veste mésopotamie :


Il était une fois un jeune pêcheur vraiment malchanceux à qui il arrivait trop souvent de passer des nuits entières sur le lac sans attraper le moindre petit poisson, il s’allumait bien des torches de temps à autres et parcourait le lac mais les poissons d’ordinaire si curieux et attirés par la lumière qui auraient dû sauter de l’eau pour tomber dans son embarcation ne se manifestaient pas. Lassé et surtout tiraillé par la faim il s’endormait triste au petit matin, dans son humble case qu’il avait construite, sur la grève, d’arbres et de bambous avec des feuilles de palme et de bananier en guise de toit. Jamais depuis qu’il pêchait en ce lieu il ne s’était plaint de son mauvais sort et il persévérait dans ses tentatives avec le secret espoir de connaître enfin des jours meilleurs.


Pourtant, une nuit de pleine lune après avoir, une fois de plus, lancé en vain ses lignes et retiré sans succès ses filets, il pleura de désespoir. Fou de rage il s’apprêtait à empoisonner les eaux avec du « Timbò » quand il entendit un chant si beau, si triste et si doux à la fois qu’il en oublia son malheur. Il tendit l’oreille et il lui sembla que ce chant veniat d’une large touffe de nymphéacées juste au milieu du lac. Il n’hésite pas une seconde à pagayer dans la bonne direction et là assise sur une feuille de Victoria Régia, il découvrit à son grand étonnement une créature d’une étrange beauté ; elle avait de grands yeux d’un vert profond et lumineux, une peau de couleur miel doré, et de longs cheveux d’un blond fauve qui dissimulaient une poitrine nue.


« - qui est tu ma douce amie ? Pourquoi chantes-tu si tristement ? Puis-je t’aider ? » Demanda le pêcheur.

Iára le regarda un instant stupéfaite car elle ne pensait délibérément qu’à punir d’une mort atroce celui qui comme tant d’autres pêcheurs de la région, s’apprêtait à user d’un stratagème détestable contre son peuple.

« - je suis la « Mãe de Agua », la reine des eaux, la protectrice de toute la faune aquatique » répondit-elle.


A l’idée qu’elle avait deviné sa lâche intention, l’indien prit peur et la supplia alors de le laisser suivre son chemin promettant de ne plus importuner ses sujet et se tut de crainte de la terrible et traditionnelle sanction. Mais ce soir là Iára eut pitié de cet interlocuteur qui le premier lui avait généreusement proposé son aide. De sa voix de cristal elle reprit :


« - je sais que tu n’as rien pêché depuis plusieurs nuits, ai-je deviné juste ?

Il hocha la tête en guise d’affirmation.

« - veux tu du poisson ? » continua-t-elle.

Il releva la tête pour la hocher encore une fois.

« - alors jette tes lignes et tes filets à l’endroit où je vais plonger. Ne pêche que les nuits de pleine lune entre minuit et le petit matin » dit-elle avant de disparaître.


Le pêcheur obéit. C’était presque l’aube lorsqu’il rentra chez lui la pirogue chargée comme jamais. Les mois passèrent et le jeune indien aurait dû être heureux, mais il ne pensait qu’à la beauté et à l’incomparable voix douce de la mère d’eau. Aussi lorsqu’une nuit il entendit de nouveau le chant de Iára  encore plus triste que la première fois, il s’approcha rapidement du Maïs d’Eau où elle était assise. Elle lui sembla encore plus belle. Quant elle eut terminé sa chanson, il lui dit :


« - ma vie à changer depuis que je t’ai rencontrée. Dis moi ce que je peux faire pour te remercier. 

- veux tu m’épouser ? » Lui demanda-t-elle après l’avoir longuement détaillé. Il répondit d’un trait pour dissimuler son émotion :

« - il n’y a rien au monde que j’aimerais le plus !

- nous voilà donc fiancés ! » Lui déclara-t-elle en lui passant les bras autour du cou. « - viens me chercher la prochaine nuit de pleine lune mais promets dès à présent que tu ne me renieras point ni ne diras du mal de mon peuple ;

- je te le jure ! » Fit le pêcheur.


Il aurait même juré que la lune était carrée tant sa joie était grande, avant que Iára disparaisse au sein de l’onde. La nuit qu’elle avait choisie, il alla à sa rencontre, la prit dans ses bras et la porta jusque dans sa case. Ils vécurent heureux et ses affaires prospéraient de plus belle. Les nuits de pleine lune, Iára s’installait sur le pas de porte et les yeux fixés sur les eaux du lac, elle chantait très bas tant sa chanson était belle et triste à la fois, à fendre le cœur. Au début l’indien y trouva du charme ; cela lui rappelait leur rencontre au milieu du lac. Mais à présent cette habitude de son épouse lui pesait.


« - veux tu cesser tes lamentations ? Il est tard et je tiens à dormir moi ! Allons rentre te coucher. » Mais « Iára » ne répondait pas, ne bougeait pas, ne s’arrêtait pas de chanter non plus. Alors dans sa folle colère il lui cria :

« - j’en ai assez de tes sottes chansons ! Qu’as-tu donc à larmoyer face au lac, insensée créature ! Es-tu mon épouse ou continues- tu toujours à penser à cette stupide gente aquatique pour qui semble aller ton idiote prière ? »

A peine eut-il prononcé ces phrases que la Mère d’Eau devint plus blanche qu’un linge. Elle se leva et se mit à marcher prestement vers le lac comme une somnambule et sa chanson devenait de plus en plus lointaine. C’est à ce moment que l’indien en fut comme dégrisé et s’élança à sa poursuite en criant :

« - ne t’en vas pas ! Ne me quittes pas, je t’en supplie ! Tu es ma femme ! Je ne blasphémerai plus, je le jure ! »


 Iára ne se retourna pas. Elle entra dans les eaux miraculeusement entrouvertes qui se refermèrent si brusquement après son passage qu’elles inondèrent fortement la berge. Le blasphémateur eut juste le temps de grimper au sommet d’un arbre pour malheureusement constater que rien n’avait été épargné : ni sa demeure, ni ses plantations détruites, pas même son élevage de tortues dans un bassin proche. Jamais plus, au cours de ses nuits de pêche à nouveau infructueuses il ne revit la « Mãe de Agua » que pourtant il ne cessait de supplier de revenir en vain.

Les caboclos embellissent par nature les faits les plus simples avec une pointe d’exagération fabuleuse c’est pourquoi il est courant de les entendre dire que de temps à autres, Iára laisse flotter sa chevelure lumineuses à la surface des eaux ou qu’en période d’étiage on peut voir émerger, comme une pointe d’écueil, le haut d’une tour de son palais aquatique.


Tout comme le Boto séducteur, la Iára est un produit importé par un peuple de la mer pour qui il a suffi qu’un moindre détail coïncide ou que l’aspect d’un mythe soit ressemblant pour adapter le sin au décor de sa nouvelle possession. C’est ainsi que le mythe primitif de l’Igpupiara, un fantôme marin au corps d’ophidien excessivement velu et pourvu de longues soies en guise de moustache qui renversaient les frêles embarcations des indiens, est devenu la Iára qui bien que de nom amérindien n’en est pas moins la perfide sirène méditerranéenne. Mais la dernière infiltration en date provient du folklore africain avec Iemanjà, cette « Mãe de Agua » arrivée au Brésil en même temps que les premières esclaves noirs et dont voici un récit que recueillis auprès d’un vieux pêcheur noir de l’île de Marajò :


La déesse de la mer est surprise un soir en train de voler des fèves dans le jardin d’un paysan qui vite l’enferme dans sa masure à l’orée d’une calanque. Pour recouvrer sa liberté, l’infortunée beauté n’hésite pas à proposer le mariage à son sévère geôlier s’il promet de ne jamais renier les êtres qui vivent au sein de l’océan, le peuple dont elle a la garde. Au début, le couple vit un bonheur parfait : de superbes enfants voient le jour, la propriété ne cesse de croître judicieusement exploitée par de nombreux esclaves et le bétail excellemment traité prolifère. Puis, tandis que les affaires prospèrent le mari sombre dans l’alcoolisme : l’épouse délaissée souffre en silence, l’éducation des enfants s’en ressent, les esclaves maltraités fuient l’exploitation, les cultures périssent et le bétail agonise. C’est alors que l’irréparable se produit : l’homme renie sa femme.


Sans mot dire, Iemanjà suivie de ses enfants se dirige vers la plage et s’enfonce doucement dans les flots entrouverts qui en se refermant brusquement sur l’étrange cortège détruisent la propriété et manquant de peu d’emporter l’ignoble blasphémateur. Iemanjà est la fille d’Obatalà, le ciel, et d’Odudua, la planète, elle s’unit à son frère, la terre, pour donner naissance à Orugan, l’Oedipe africain qui se passionne pour sa mère. Profitant de l’absence du père, Orugan poursuit Iemanjà qui dans sa fuite éperdue, trébuche, tombe à la renverse au fond d’un ravin et meurt. De ses seins abondants, coulent deux ruisseaux qui grossissant, se rejoignent pour former un immense lac tandis que de ses entrailles naît un grand nombre de dieux du culte Umbanda : Olorum, le soleil ; Oxumaré, la lune ; Xangô, le tonnerre ; Ogum, le dieu du feu et de la guerre ; Iansà, déesse des vents et des tempêtes mère des neuf. Iemanjà ressuscitée est la reine de la mer qui assise sur la carapace d’une énorme tortue présente son peuple à Oxum-Marê, l’arc-en-ciel ou qui sous le nom de Janaìna, chevauche un hippocampe géant pour visiter ses sujets.


A la suite d’un relevé détaillé des infiltrations qui aujourd’hui accompagnent le mythe de Iára – corps harmonieux d’Océanide : type européen de beauté ; voix douce de sirène : mode de séduction méditerranéen ; résidence au fond des eaux : tradition nordique des Ondines ; sadique plaisir de faire périr les pêcheurs : tradition germanique chez cette émule de la fée Loreleï ; mère d’une respectable progéniture : variante africaine – pour toutes ces raisons incohérentes on peut avancer sans risque de se tromper que cette gracieuse nymphe est aussi amérindienne que le serait la rencontre d’une baleine vivante sur les sommets enneigés des Andes.


Cependant elle reste malgré tout, la mère de la toujours vive sensibilité indigène et le plus beau fleuron de la poésie amazonienne.(...)

Par Ashaninka - Publié dans : Legendes
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Samedi 11 juillet 2009 6 11 /07 /2009 12:06



Le Boto ou dauphin rose de l'Amazone ou encore Inie de Geoffroy (Inia geoffrensis) est une espèce  de mammifère  de l'ordre des odontocètes. C'est un donc un dauphin vivant exclusivement dans l'eau douce. C'est la seule espèce du genre  Inia.

 

 

 

 


Tout au long du Badajòs inférieur, jusqu'à son confluent avec le Solimões, Valdelirio, un jeune caboclo de vingt ans, de petite taille, à la peau cuivrée et aux cheveux noirs et lisses, jouissait d'une indiscutable réputation dans l'art d'organiser les fêtes que pour rien au monde tout le voisinage n'aurait manqué d'honoré par sa présence.


Ce matin là en un incessant aller et retour en pirogue le long des berges, notre métis, alla convier tous les jeunes et moins jeunes à un bal :


   « - je vous invite à guincher chez moi, demain soir ! » disait il et dans son franc parler il ajoutait aussitôt à l'intention de ceux qu'il savait avoir un joli coup de fourchette :


   « - je ne saurais trop vous conseiller de jeûner dès à présent car nous ne gardons pas les restes chez nous ! »


Ces joyeuses boutades lancées à la cantonade par un aussi gai luron, ne pouvaient que mieux aider à comprendre que chez Valdelirio on préférait de beaucoup ceux qui se tiennent mieux à table qu'à cheval.


Le lendemain dès les premières lueurs du jour, une grande animation régnait chez notre hôte. Les sœurs s'occupaient à la confection de banderoles et de guirlandes, les employées ciraient le parquet du salon et dans la vaste cuisine tout un bataillon de femmes s'affairait devant les fourneaux.


Un peu à l'écart dans une cabane en bois, le frère puîné de Valdelirio, Chicão le chimiste, comme le surnommaient ses parents, distillait à l'aide d'un alambic de sa propre confection, la cachaça (eau de vie de canne à sucre) si nécessaire à la préparation des délicieuses, mais ô combien traîtres « batidas » (sortes de punch frais) de fruits tropicaux.


Le soir à leur grande joie, accueillants les premiers invités, les enfants lancèrent des pétards et allumèrent des feux de Bengale sous l'œil vigilant des aînés, en attendant que le violon de Severino, la guitare de Zé Maria et l'harmonica de Jõazinho ouvrent le bal.



Ce modeste orchestre à cordes et à vent, bien qu'au répertoire limité interprétait toutefois quelques morceaux applaudis debout du début jusqu 'à la fin.


Lorsque retentirent les premières notes de la « jardineira » une traditionnelle marche Brésilienne, personne ne demeura assis pas même Dona Lindalva ni son mari le vieux Barnabé, les riches propriétaires de la plus vaste plantation d'hévéas des alentours et à qui revenait de droit le titre d'invités d'honneur de toutes les fêtes à la ronde.


C'est à minuit, alors que sous les effets de l'alcool se faisant notoires et que la fatigue entamait ses ravages chez les hommes pour la plupart avachis sur des sofas, que maître Boto choisit de faire son entrée.


Dans un costume impeccable de toile blanche, un foulard rouge précieusement noué autour du cou, la raie juste au milieu du crâne et les cheveux bien plaqués sur les côtés.

Il feignit un instant ne pas oser entrer comme si soudain sa grande timidité le paralysait.

Mais chacun sait que l'hospitalité est une grande qualité des rudes habitants de la forêt.

Profitant de ce qu'à présent les garçons délaissaient quelque peu leurs compagnes pour mieux s'adonner aux plaisirs de la table, il s'approcha discrètement d'elles pour leur glisser furtivement à l'oreille un compliment qui ne manquait pas d'aller à coup sûr, droit au but.


On aurait pu croire qu'il avait instillé en chaque cœur féminin, une goutte de miel.

D'ailleurs tout en lui avait la marque d'un cachet qui sensibilisait les filles d'Eve et les excitait à tel point qu'elles se pâmaient d'admiration les unes à la suite des autres.


Les nouvelles alarmantes ne tardèrent pas à parvenir aux oreilles du sexe fort soudain quelque peu jaloux du succès rencontré par le nouvel arrivant.


Mais qui donc allait oser le premier interpeller ce Don Juan qui éveillé comme pas un distribuait, à présent maintes provisions de blondes et de brunes aux fumeurs.

Pas Valdelirio en tout cas car plus gâté que les autres, il arborait entre les dents un superbe cigare de Bahia généreusement offert par son nouvel ami qu'il se chargeait de présenter à l'assistance.


Afin de ne pas laisser sombrer la fête dans la monotonie, le jeune galant remplaça un instant Severino au violon et réussissant le tour de force qui en réalité n'en était pas un pour lui d'électriser son public, il prit part aux jeux et aux danses.

Il choisit comme partenaire la belle Euezbia, une jeune orpheline sur qui il avait jeté son dévolu, et tournant avec elle au gré de la musique, il l'ensorcela en un clin d'œil pour l'entraîner et s'éclipser avec elle dans les jardins.


Peu avant le lever du jour et grâce à l'action bénéfique du petit air frais qui dans ces régions précède l'apparition du soleil, les hommes eurent la sensation bizarre de se délivrer de l'influence subtile de fluides magnétiques.


Qu'était donc devenu ce mystérieux personnage qui si bien savait parler aux filles ?

Il avait bien sûr disparu par enchantement sans prendre congé de l'assistance pas même de la si gracieuse et tendre Euzebia.


L'aube pointait déjà quand un groupe de joyeux noceurs qui s'en revenaient bras dessus bras dessous, de la fête, découvrirent dans un étroit et peu profond canal un Boto qui tentai désespérément de gagner le fleuve.

En voulant l'aider, ils le secouèrent tant que celui-ci rendit tout le contenu de son estomac. C'est alors qu'il exhala une forte odeur d'alcool au grand étonnement des ses sauveurs.


Plus de doute à présent, le Boto avait honoré de sa présence le bal chez Valdelirio.

D'ailleurs les mois qui suivirent cette mémorable fête chaque jour, un peu plus, on vit se relever la pointe de la jupe de la jeune Euzebia que le Boto avait bel et bien fécondée cette nuit là, l'insatiable amateur de donzelles !


Pour bien montrer combien cette croyance est fortement ancrée dans l'opinion du peuple, mon ami, Jingo raconte qu'un de ses amis pêcheurs à Belém, rentrant chez lui le soir entend sa femme pousser de hauts cris de l'intérieur de sa baraque sur la berge.

Dans le jardin alors plongé dans l'obscurité il manque aussitôt d'être renversé par un homme qui court à toutes jambes vers le fleuve.


Sans même réfléchir il lance dans la direction du fugitif l'un de ses meilleurs harpons qu'il tenait justement à la main.

Un visage masculin l'observait attentivement dans son bain par le vasistas resté ouvert lui conte sa femme courroucée.

Le lendemain au moment de remettre sa barque à l'eau, le pêcheur aperçoit échoué sur la berge, un Boto arborant le même harpon profondément enfoncé dans le dos.


Etrange coïncidence, n'est ce pas ?


Reconnaissons toutefois que la plupart des harpons en vente dans les magasins d'articles de pêche des environs portent la même marque de la fabrique installée dans la ville.


Une autre fois, c'est au tour de l'infirmier de service du dispensaire d'un quartier populaire de Santarém de se frotter les yeux pour constater qu'il ne rêvait pas.

Une Métisse se présente dans son bureau, tenant dans se bras un nouveau-né dont l'état manifestement nécessite des soins.

Au moment d'enregistrer l'enfant, quelle n'est pas alors sa surprise de s'entendre répondre à la question : nom et prénom du père ?

« - il n'y en a pas docteur, c'est un fils du Boto. »


Bien que la femme soit mariée, qu'elle ait d'autres enfants dont elle attribue pacifiquement la paternité au même mari, elle s'obstine à déclarer que ce dernier est bel et bien le fils du Boto. D'ailleurs elle ne cesse de répéter à bout de champs :


« - Allons personne ne le sait mieux que moi, tout de même ! »


Comme elle n'en veut point démordre, l'inscription de l'enfant sur le registre d'entrée se fait bien sûr à son insu.

Si 'on devait attribuer au Boto la paternité de tous les enfants de père inconnu, du coin, il faudrait alors reconnaître que la virilité de ce puissant personnage est exceptionnelle, tant les enfants pullulent dans les parages.


Mais de mauvaises langues prétendent que bien souvent le fruit des entrailles de ces honorables demoiselles n'est que le produit de leurs unions clandestines avec les fils des riches propriétaires terriens chez qui elles sont employées.

Lesquels fils, avec la bénédiction des parents font leurs premières armes dans ce domaine à peu de frais et sans trop de risques.


Mais bien que l'on ne puisse nier aujourd'hui l'immense popularité, que ce mythe obtient, même auprès des aborigènes, il faut néanmoins relever dans les anecdotes et récits actuels ayant le Boto pour héros, la présence indiscutable d'un élément aliénateur en provenance de la péninsule ibérique.


En effet une authentique légende des Indiens Barés de la famille linguistique Aruaque, cite bien le Boto portant secours à Poronominare, héros de nombreux exploits et aventures, tantôt tragi- comiques, tantôt romantico-obscènes, qui tout comme Macunaìma, a de drôles d'ennuis avec son pénis pour l'avoir fourré où il ne fallait pas, mais ne mentionne en aucun cas ses prouesses amoureuses.


Le Boto des indiens a tout simplement endossé l'héritage de l'érudit dauphin du Vieux Monde que les récits d'Apion et bien avant lui, ceux de Théophraste, mentionnaient comme un animal docile, donnant des marques évidentes de l'amour le plus passionné.

Par Ashaninka - Publié dans : Legendes
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Samedi 11 juillet 2009 6 11 /07 /2009 11:58


Légende qui donna le nom à la célébre fleur du plus grand nénuphar de l'Amazone.

 

 


Jacy la Lune qui n'était pas sans ignorer combien les Amazones se désolaient en secret d'être assujeties à un sévére règlement qui les privait de maris, se transformait de temps à autres pour la plus grande joie de ces femmes en un jeune homme d'une rare beauté, qui savait les émouvoir comme pas un.


Certains soirs peu après que le vert sombre de la végétation ait fini d'engloutir le magnifique mélange de tons et de demi-tons jaune, violet rouge et orange du ciel qui un bref instant auparavant se reflétant encore sur la surface immobile des eaux, il apparaissait au bord du lac « Jacy-« Uarùa » où usant de belles manières il s'évertuait à séduire une tendre indienne qui dans la nuit profonde et selon un rite bien établit, il emportait au ciel pour la métamorphoser en étoile.


Iapuna-Caà, une jolie princesse de quinze printemps à peine révolus, fille d'une superbe émeraude qu'un matin à l'aurore un rayon de soleil enfanta, levait chaque soir ses grands yeux embués de larmes vers le céleste royaume des étoiles où elle rêvait d'un rejoindre ses aînées.


Celles-ci pour leur part, loin d'être ingrates ne se lassaient pas de vanter à l'astre d'argent les charmes de leur sœur cadette, qui bravant tous les dangers escaladait les plus hautes collines et grimpait, jusqu'au sommet des arbres les plus élancés pour tenter, les bras tendus mais en vain, d'enlacer son amoureux.


La lune amoureux de la princesse préférait l'admirer du ciel tous les soirs plutôt que de lui ôter la vie pour quelques heures de plaisir tant sa beauté était grande.

Que de fois dans son désespoir l'inconsolable princesse n'allait elle connaître de nuits blanches à supplier la lune d'une voix mélancolique et entrecoupée de gros sanglots ! Mais une nuit de pleine lune quelle ne fut pas son émotion, au détour d'un chemin lorsqu'elle aperçut soudain le reflet de l'astre d'argent au fond du lac.


Elle ne douta pas un instant ! Il était bien là cette fois, qui la conviait à un rendez vous d'amour.

Elle l'entendait même lui susurrer tendrement qu'une nouvelle étoile naîtrait au firmament si elle acceptait de le rejoindre. Iapuna-Caà plongea au sein de l'onde pour s'y enfoncer brusquement, jusqu'à disparaître.


Jacy qui aussitôt se senti responsable de ce pénible et tragique événement, s'empressa de rejoindre la tendre créature au fond du lac. Il lui baisa les mains, les cheveux, le visage et tandis qu'il lui murmurait mille excuses comme il pleurait !


Ce dont Jacy ne se souvient pas avec précision aujourd'hui, c'est si la princesse au noble cœur lui pardonna de vive voix sa faute. Mais peut-il lui en tenir rigueur ?


Aurait-elle voulu le faire en eut-elle seulement le temps suffisant ? Pourtant Jacy se rappelle bien qu'avant de sombrer dans un profond sommeil léthargique, la courageuse indienne eut toutefois la force d'esquisser un timide sourire, l'ultime sourire d'une moribonde certes mais qui ne cherchait qu'à exprimer toute sa joie de se sentir transportée jusqu'à la surface du lac dans les bras de celui qui dans un geste d'extrême gratitude allait l'immortaliser à jamais en la transformant en la plus belle fleur du lac l'Etoile-des-Eaux.


Si une autre preuve du grand amour que Iapuna-Caà lui vouait de son vivant eut été nécessaire à Jacy pour combler un doute, l'Etoile-des-Eaux ne la fournit-elle pas aujourd'hui à la lune qui seule est autorisée à assister à la naissance de ses fleurs rouges et blanches qui n'éclosent que la nuit ?



Le fait que la lune soit considérée comme une entité masculine est un aspect intéressant de cette légende car chez la grande majorité des indigènes, du Brésil, tout dans ce monde aussi bien animal que végétal ou minéral possède une Mère créatrice et protectrice.


C'est ainsi que dans la théogonie Tupi par exemple les principaux dieux sont des entités féminines : le soleil s'appelle Goaracy, la mère du jour ou la mère des vivants et la lune est Jacy, Notre Mère ou la mère des végétaux. Ces Mères ont une particularité commune : ce sont toutes des vierges qui enfantent sans connaître le secret de la reproduction sexuée. Aujourd'hui encore l'aborigène cite par cœur le nom des Mères de sa mythologie mais jamais celui du ou des pères car la pensée sauvage ne s'est guère souciée de connaître le ou les heureux fécondateurs de innombrables mères vierges.


Si l'on considère qu'en Chine, en Inde ou au Tibet, quelques deux à trois mille ans avant la naissance du Christ, les dieux et demi-dieux étaient des fils de vierges tout comme le sont de nombreux héros mythiques du Nouveau Monde tels par exemple Jurupary, une espèce de législateur et Many héroïne dont le corps inhumé se transforma en Manioc, on est en droit de penser que cette croyance indigène est le fruit des vestiges de l'émigration asiatique.

 

Par Ashaninka - Publié dans : Legendes
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